Le Brexit aura peu d’impact sur CGI, dit son patron

Le grand patron du Groupe CGI, Michael Roach, a eu de bons mots pour la nouvelle première ministre britannique, Theresa May, et les membres de son cabinet.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le grand patron du Groupe CGI, Michael Roach, a eu de bons mots pour la nouvelle première ministre britannique, Theresa May, et les membres de son cabinet.

L’incertitude provoquée par le vote référendaire du Brexit ne freinera pas la croissance du Groupe CGI au Royaume-Uni, son cinquième marché en importance, croit le grand patron de la multinationale informatique québécoise, Michael Roach.

S’il est difficile pour l’instant d’évaluer les répercussions à long terme, le président et chef de la direction s’est montré rassurant, mercredi, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes visant à discuter des résultats du troisième trimestre. « Près de 65 % de nos revenus [là-bas] sont récurrents, a dit M. Roach. Il n’y a pas grand-chose que le gouvernement et les entreprises peuvent faire sans avoir recours aux technologies. »

La taille de Groupe CGI au Royaume-Uni a considérablement augmenté depuis 2012 lorsque l’entreprise a réalisé l’acquisition de la firme britanno-néerlandaise Logica au coût de 2,8 milliards. Au cours des neuf premiers mois de l’exercice, la société a généré des recettes de 1,09 milliard dans cette région du globe, soit 13 % de son chiffre d’affaires total.

M. Roach s’est également montré confiant à l’égard de la nouvelle première ministre britannique, Theresa May, — qui succède à David Cameron — et son nouveau cabinet. Selon lui, les autorités politiques du pays s’affaireront du mieux qu’elles peuvent à limiter les turbulences économiques découlant de la courte victoire du camp en faveur de la sortie de l’Union européenne. « On évoque une baisse de l’impôt des sociétés. Cela stimulerait l’activité économique dans le pays. Nous misons aussi sur l’Écosse, un endroit stable et un vecteur de croissance pour nous. »

Sans ouvrir son jeu devant les analystes, M. Roach a également laissé entendre que la glissade de la livre sterling pourrait faciliter une ou des acquisitions étant donné que le prix à payer serait moins élevé. La semaine dernière, dans un rapport, Kevin Chiang, de CIBC Marchés des capitaux, avait identifié le groupe Capita, une entreprise britannique spécialisée dans les services financiers dont la valeur boursière est estimée à 6,5 milliards de livres sterling, comme un partenaire potentiel en vue d’une transaction majeure.

Au troisième trimestre, Groupe CGI a livré une performance affichant une hausse de ses profits et revenus. Pour la période de trois mois terminée le 30 juin dernier, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 273,8 millions, ou 89 ¢ par action, en hausse de 6,5 % par rapport à la même période l’an dernier. Les recettes ont pour leur part totalisé 2,7 milliards, en progression de 4,2 % comparativement au troisième trimestre de l’exercice précédent.

« La compagnie a renoué avec la croissance interne [0,6 %] de ses revenus, une amélioration par rapport aux baisses de 1 % au dernier trimestre et 3,5 % » au troisième trimestre de 2015, a retenu l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note.

Au Canada, les revenus ont fléchi de 2,1 % pour s’établir à 385,3 millions. Toutefois, en excluant un élément non récurrent, ils ont affiché une croissance de 1,6 %. Malgré tout, M. Roach estime que Groupe CGI est sur un élan au Canada, notamment grâce à la conclusion de contrats de sous-traitance à long terme, évoquant ceux décrochés auprès de SNC-Lavalin et Sears Canada au cours du trimestre. « Il y a également beaucoup d’effervescence dans le secteur financier, a-t-il affirmé. Nous ne prévoyons pas de ralentissement de ce côté. »

Au cours du trimestre, Groupe CGI a conclu de nouveaux contrats pour une valeur de 2,9 milliards. À la fin de juin, son carnet de commandes signées était de 20,6 milliards, en hausse de 916,6 millions par rapport à l’an dernier.

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