Un précurseur en perte de vitesse

Ancien fleuron du Web, Yahoo! n’occupait plus en juin que la troisième place sur le marché des recherches en ligne depuis un ordinateur aux États-Unis.
Photo: Karen Bleier et Mandel Ngan Agence France-Presse Ancien fleuron du Web, Yahoo! n’occupait plus en juin que la troisième place sur le marché des recherches en ligne depuis un ordinateur aux États-Unis.

San Francisco — Le groupe Yahoo ! a été l’un des pionniers américains d’Internet avec son moteur de recherche, avant d’être détrôné par de nouveaux acteurs comme Google ou Facebook.

Fondé en 1994 par David Filo et Jerry Yang, deux étudiants de l’université californienne de Stanford, Yahoo ! devait être, à l’origine, un simple annuaire web. En plus d’être une exclamation de joie, son nom serait un acronyme pour « Yet Another Hierarchical Officious Oracle », ce qui peut se traduire par « Encore un classement génial officieux ».

Le groupe, qui a fait son entrée en Bourse en avril 1996, avait encore été décrit en 2013 par sa patronne Marissa Mayer comme « la plus grande start-up du monde ».

Le siège social est basé à Sunnyvale en Californie et en ajoutant ses bureaux ailleurs dans le monde, le groupe comptait fin juin 8800 salariés et 700 contractuels.

Yahoo ! est dirigée depuis l’été 2012 par Marissa Mayer, une ancienne cadre de Google âgée de 41 ans. Depuis son arrivée à la direction générale, elle a réduit les effectifs de 45 % et tenté de moderniser l’image de l’entreprise et ses produits. Elle a aussi multiplié les acquisitions d’entreprises, mais cette stratégie n’a pas réussi à relancer la croissance. En 2015, Yahoo ! avait accusé une perte nette de 4,4 milliards, liée en grande partie à des dépréciations d’actifs. Son chiffre d’affaires avait augmenté de 8 % à près de 5 milliards, mais une fois déduits les revenus reversés à des partenaires, il était en recul de 7 %.

Yahoo ! avait rejeté en 2008 une offre d’achat par Microsoft, qui avait fait monter les enchères jusqu’à 47 milliards, et sa capitalisation boursière avait dépassé les 100 milliards durant la bulle Internet. Mais il n’est plus valorisé aujourd’hui en Bourse qu’à 37 milliards, un montant qui reflète essentiellement la valeur de ses participations dans les sociétés asiatiques Alibaba (commerce en ligne) et Yahoo Japan (société commune avec SoftBank).

Perte de parts de marché

Ancien fleuron du Web, Yahoo ! n’occupait plus en juin que la troisième place sur le marché des recherches en ligne depuis un ordinateur aux États-Unis avec 11,9 % de part de marché, loin derrière Google (63,8 %) et Microsoft (21,8 %), selon les dernières statistiques de comScore. À l’échelle mondiale, la société Net Applications le place en quatrième position (7,7 % du marché), derrière Google (70,2 %), Microsoft (11,3 %) et le chinois Baidu (8,8 %).

Yahoo ! voit aussi sa part de marché s’effriter dans la publicité en ligne. D’après la société de recherche eMarketer, il a encaissé seulement 2,1 % des dépenses de publicité en ligne l’an dernier, tous types d’appareils confondus, derrière Google (33,3 %), Facebook (10,7 %) et Alibaba (5,1 %).

Yahoo ! propose toute une série de services aux particuliers, notamment une messagerie, des pages d’actualités ou encore la possibilité de visionner des fichiers audio et vidéo en streaming. Entre ses différents sites, Yahoo ! a attiré en juin 205,8 millions de visiteurs aux États-Unis, également en troisième position derrière Google (241,9 millions) et Facebook (208,8 millions), selon comScore. À l’échelle mondiale, la société de recherche Trefis évoque un milliard de visiteurs par mois au total l’an dernier.

Fin octobre, Yahoo ! avait aussi revendiqué plus de 15 millions de spectateurs pour sa première retransmission en direct et en ligne d’un match de la Ligue nationale de football américain (NFL). Et il s’est également lancé dans les compétitions sportives virtuelles, avec « Yahoo Sports Daily Fantasy ».