Le plafond de 550 millions est atteint - Fin de campagne REER hâtive pour le Fonds de solidarité

Le Fonds de solidarité des travailleurs FTQ a fait le plein. Soumis à un plafond de 550 millions (sur 11 mois) cette année, l'institution a annoncé qu'elle n'acceptait plus de nouvelles souscriptions par montant forfaitaire depuis hier. La somme recueillie cette année sera donc de quelque 25 % inférieure à celle de l'an passé ce qui ne devrait en rien modifier les investissements prévus en 2004.

Dans son budget de juin dernier, le ministre des Finances Yves Séguin a imposé un plafond aux contributions canalisées cette année vers les fonds de travailleurs. Pour le Fonds de solidarité FTQ, cette limite a été fixée à 600 millions. Mais comme l'institution ramène la fin de son exercice financier de juin à mai, ce plafond devient 550 millions sur 11 mois.

La limite a été atteinte hier. «Le Fonds de solidarité FTQ n'acceptera plus les souscriptions versées par montant forfaitaire à compter du lundi 16 février 2004, et ce, jusqu'au 31 mai prochain», peut-on lire, dans un communiqué. Cette fin de saison hâtive ne concerne pas les 150 000 actionnaires se prévalant de l'un des trois modes d'épargne systématique (retenue sur le salaire, contribution négociée avec l'employeur ou prélèvement automatique), «le nombre d'actions nécessaire ayant été provisionné à l'intérieur de la limite fixée». L'épargne systématique devrait apporter environ 375 millions dans les coffres du Fonds pour l'ensemble de l'exercice se terminant à la fin de mai. La portion forfaitaire a donc été limitée à quelque 175 millions.

Plus silencieux

«Nous avons été plus silencieux cette année. Nous n'avons pas fait de publicité ni de campagne. Nous n'avions que 35 points de vente contre 63 l'an dernier et avons amorcé notre campagne REER plus tard, soit le 19 janvier», a résumé Pierre Genest. Le p.-d.g. du Fonds rappelle que, l'an dernier, l'institution avait reçu des souscriptions totalisant les 725 millions. Le sommet, de 875 millions, est venu au cours de l'exercice précédent (en 2001-02), qui suivait une campagne de 785 millions en 2000-01. Le Fonds est donc revenu à son rythme de la fin des années 1990, où la vitesse de croisière oscillait entre 480 et 500 millions.

«Il n'y a rien de dramatique. Cette limite n'affectera pas nos investissements prévus cette année.» Parlant de «restriction temporaire», M. Genest maintient la cible d'investissements du Fonds dans les PME, qui devrait être de 400 millions en 2004 contre 370 millions l'an dernier. Il s'attend à ce qu'une telle limite ne soit pas reconduite dans le prochain budget du ministre Séguin. «Nous misons sur un retour à la normale. L'an dernier, M. Séguin avait précisé que le plafonnement serait pour un an.»

Le p.-d.g. de l'institution a précisé que, malgré la progression à prévoir des décaissements associés au vieillissement de la population, les projections sur 10 ou 15 ans ne laissaient entrevoir aucune pression sur les liquidités du Fonds, des liquidités qui seront également nourries par le jeu du désinvestissement-réinvestissement. Mais il croit que l'on ne peut reproduire de tels plafonds, ne serait-ce qu'en raison de «tout ce rôle que l'on veut nous faire jouer».