Yahoo ! jetterait son dévolu sur Verizon

Le siège social de Yahoo! en Californie
Photo: Paul Sakuma Associated Press Le siège social de Yahoo! en Californie

Yahoo ! jetterait son dévolu sur Verizon Communications. Le géant américain des télécommunications achèterait le coeur des activités du groupe Internet, qui se transformerait en société holding.

Selon l’agence Reuters citant des sources proches du dossier, Yahoo ! vendrait son actif Internet à Verizon Communications après avoir examiné les offres définitives soumises cette semaine à l’issue de la procédure d’enchères. « Yahoo ! considère que Verizon sera le mieux à même de valoriser ces actifs mais les négociations entre les deux sociétés continuent et aucun accord n’a encore été scellé », poursuit l’agence de presse citant toujours les sources. Les deux entreprises ont refusé de commenter.

Une autre agence, Bloomberg, a également avancé vendredi que Verizon était près de conclure un accord avec Yahoo !. Il est écrit que ce faisant, Verizon renforcerait ainsi sa filiale Internet AOL, acquise en 2015 pour 4,4 milliards. Il aurait accès aux outils publicitaires de Yahoo, ainsi qu’à des actifs tels qu’un moteur de recherches, un logiciel de courriel, un autre messagerie et des actifs immobiliers. « Yahoo ! n’aurait plus qu’une activité de holding, avec ses participations de 35,5 % dans Yahoo ! Japan et de 15 % dans le géant chinois du commerce électronique Alibaba Group Holding. Ces deux participations représentent l’essentiel de sa capitalisation de 37 milliards », poursuit Reuters.

Déjà lundi, alors que les investisseurs attendent avec impatience l’issue des enchères pour la cession potentielle des actifs de Yahoo !, le groupe Internet américain se contentait de parler de « progrès » en la matière, tout en annonçant une nouvelle perte nette. « Notre conseil d’administration a fait de grands progrès sur les options stratégiques », a indiqué la directrice générale, Marissa Mayer, dans le communiqué dévoilant les résultats du deuxième trimestre, une déclaration quasi identique à celle qu’elle avait faite lors des précédents résultats trimestriels en avril.

Le groupe est dans la dernière ligne droite d’une procédure lancée il y a plusieurs mois en vue de céder potentiellement des pans entiers de son activité, y compris son coeur de métier.

Même si elle s’est dite lundi « fière » des changements réalisés au sein du groupe depuis son arrivée il y a presque quatre ans, la patronne de Yahoo ! est de plus en plus sous pression faute de pouvoir montrer des résultats probants pour relancer l’ex-fleuron de l’Internet américain. Elle avait tenté de gagner du temps en annonçant début février une restructuration qui va réduire ses effectifs de 15 % et en entamant un vaste examen des solutions stratégiques qui s’offrent au groupe : c’est dans le cadre de ce dernier que les cessions d’actif sont envisagées.

Des offres entre 3,5 et 5 milliards

Les médias américains ont évoqué ces dernières semaines des offres comprises entre 3,5 et 5 milliards pour le coeur d’activité du groupe, à savoir ses services en ligne. Il était alors souligné que l’un des candidats semblant faire le plus de sens sur le plan stratégique est le géant des télécoms Verizon, déjà propriétaire du groupe Internet AOL, qui n’a pas caché son intérêt depuis plusieurs mois mais jamais confirmé de dépôt d’offre. Le fonds TPG et un groupe d’investisseurs emmenés par Dan Gilbert, le fondateur de Quicken Loans (auquel Warren Buffett s’était dit prêt à apporter une aide financière), ont aussi été cités parmi les prétendants potentiels.

Colin Gillis, analyste chez BGC Partners, avait toutefois estimé la semaine dernière qu’il devrait accepter une offre autour de 5 milliards, disant même s’attendre à des offres jusqu’à 6 milliards. « Yahoo ! est fini à nos yeux », ajoutait-il.

Yahoo ! a annoncé lundi avoir creusé sa perte nette à 440 millions au deuxième trimestre, contre 22 millions sur la même période de 2015. Le bénéfice par action hors éléments exceptionnels a atteint seulement 9 ¢US. Le chiffre d’affaires a progressé pour sa part de 5 % à 1,3 milliard. Le montant généralement utilisé pour évaluer la croissance de Yahoo ! est toutefois celui des revenus qui restent une fois déduits les montants reversés à des partenaires et ceux-ci ont plongé de 19 % sur un an.