Pour contrer le britannique Vodafone - AT&T Wireless: Cingular gonfle son offre à 38 milliards $US

New York — L'opérateur américain de téléphonie mobile Cingular Wireless a relevé son offre sur AT&T Wireless à 38 milliards $US, dans une tentative pour définitivement contrer son rival britannique, le numéro un mondial Vodafone, a-t-on appris hier de source proche du dossier.

Cingular, société commune de SBC Communications et de Southbell et numéro deux américain, a relevé son offre dimanche soir, à 14 $US par action, pour enlever AT&T Wireless, troisième du secteur aux États-Unis et davantage tourné vers la clientèle professionnelle.

«La deuxième série de négociations s'est tenue la nuit dernière aux États-Unis et Cingular a relevé son offre à 14 $US par action», a indiqué hier une source basée à Londres. Cette nouvelle offre valorise AT&T Wireless à 38 milliards $US, contre 35 milliards pour la précédente.

«La balle est maintenant dans le camp de Vodafone», a précisé cette source s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Une autre source proche des discussions aux États-Unis a confirmé cette information. En revanche, aucun détail concernant l'offre de Vodafone n'était disponible, le groupe ayant entretenu le plus grand secret sur sa stratégie.

Contrer Vodafone

L'offre de Cingular vient contrer celle de Vodafone, qui était vendredi de quelque 12,50 à 13 $US par action AT&T Wireless, et avait semblé un instant en mesure de mettre l'américain sur la touche, lequel avait fait une offre «similaire» en numéraire, selon le Financial Times.

C'est justement, selon le quotidien britannique The Times, en raison d'offres très proches, que les deux groupes se sont vu demander vendredi de relever leurs offres. Les deux groupes sont les seuls désormais en lice pour racheter AT&T Wireless, qui s'est donné jusqu'au 29 février pour se prononcer mais pourrait prendre une décision plus tôt.

AT&T Wireless est pressé de se vendre. Il a reconnu le 22 janvier «l'intérêt significatif» de certains de ses concurrents pour une reprise et une semaine plus tard, il leur fixait la date du vendredi 13 février comme date limite pour déposer leurs offres.

Le numéro trois souffre depuis quelques mois d'une concurrence exacerbée aux États-Unis, dans un marché qui est déjà à couteaux tirés. L'entrée en vigueur d'une loi autorisant les clients à conserver leur numéro de portable tout en changeant d'opérateur, a encore intensifié la guerre des prix et des offres toujours plus alléchantes, pour tenter de garder ou d'attirer les abonnés.

Les deux autres candidats potentiels au rachat d'AT&T Wireless, l'américain Nextel et le japonais NTT DoCoMo ne sont plus dans la course: l'américain parce que son offre est insuffisante, le japonais parce qu'il s'est retiré de lui-même.

Si Cingular réussissait, ses deux maisons-mères verraient doubler leurs revenus tirés de la téléphonie mobile et pourraient réaliser des économies, notamment dans l'investissement sur les réseaux ou encore les coûts d'exploitation.

Mais Vodafone a une occasion en or d'asseoir sa position aux États-Unis de manière indépendante. Pour l'heure, il est détenteur de 45 % de l'opérateur de téléphonie mobile Verizon Wireless, mais n'a jamais fait mystère qu'il n'était pas satisfait d'une alliance dans laquelle il est minoritaire.

En outre, AT&T Wireless est en train de faire basculer ses clients sur le système d'exploitation GSM, utilisé par Vodafone dans le monde entier. Or, Verizon utilise un autre système incompatible avec celui de Vodafone, ce qui limite l'intérêt d'une implantation aux États-Unis du point de vue de l'utilisateur.

Une acquisition d'AT&T Wireless permettrait donc à Vodafone d'offrir à ses abonnés un véritable service mondial.