Tout en mettant fin à leur occupation de l'usine d'Arvida - Les employés d'Alcan continueront le combat pour le Saguenay

Obéissant à l'injonction permanente de la Commission des relations de travail, les syndiqués qui occupaient le complexe industriel d'Alcan à Arvida ont mis fin vendredi à leurs moyens de pression illégaux. Ils promettent néanmoins de continuer à se battre pour le développement économique de leur région.

Les quelque 2500 membres du Syndicat national de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), au Saguenay, devaient se réunir en assemblée hier soir et ce matin afin de s'entendre sur une nouvelle stratégie visant notamment à garantir le maintien d'emplois dans l'industrie de l'aluminium. «On va faire le point, voir où on en est rendu, expliquer aux gens pourquoi on a décidé de respecter l'injonction et les gens vont décider de ce qui va suivre», a expliqué le porte-parole du syndicat, Roland Poirier. «Le commissaire Robert Côté nous a tapé sur la tête pour qu'on rentre au travail, mais ça ne veut pas dire qu'on va baisser les bras et qu'on a fini de se battre pour autant.»

Accord de principe

Les travailleurs pourraient se prononcer à nouveau sur l'accord de principe conclu le 8 février dernier entre l'exécutif syndical et la direction d'Alcan. Cet accord qui a été rejeté à l'unanimité prévoit notamment la création d'un comité de travail sur l'avenir du complexe d'Arvida. Ce groupe serait doté d'un budget de 20 millions de dollars.

Pour les employés, cette offre est insuffisante puisqu'elle ne garantit pas la construction d'une usine de remplacement au Saguenay. D'après M. Poirier, Alcan refuse toujours de modifier sa position, en dépit des critiques qui lui ont été adressées. «Leur proposition demeure la même», a-t-il dit.

La semaine dernière, le mandataire du gouvernement dans ce dossier, Serge Brault, a rencontré séparément les parties afin de recueillir leurs suggestions pour dénouer l'impasse. Il devait formuler ses recommandations au ministre du Travail au plus tard hier midi. Québec n'a pas réagi à ce document pour le moment.

Alcan a annoncé le 22 janvier dernier qu'elle devançait d'une dizaine d'années l'arrêt de production des vieilles cuves Söderberg de son complexe industriel d'Arvida. Cette décision devrait entraîner la perte de quelque 560 emplois d'ici avril et constitue un coup dur pour le Saguenay, déjà éprouvé par la fermeture de l'usine d'Abitibi-Consolidated de Port-Alfred, accompagnée de la perte de 500 emplois.