Leurs finances ne leur permettant pas la préretraite - Les baby-boomers rêvent maintenant d'une retraite progressive

Faute de mieux, les baby-boomers rêvent maintenant d'une retraite progressive.

Selon un sondage réalisé par la firme SOM pour le compte de Desjardins Sécurité financière, dont les résultats ont été rendus publics hier, 67 % des travailleurs québécois de 40 ans ou plus prendront une retraite progressive. Pour eux, la retraite ne représentera donc plus une rupture complète avec le marché du travail.

«Les baby-boomers rêvent toujours de prendre une préretraite, mais deviennent en même temps plus réalistes au fur et à mesure que l'âge de la retraite approche», commente André Langlois, vice-président responsable de la mise en marché des produits d'épargne chez Desjardins Sécurité financière. «Rappelons que pour prendre une préretraite à 55 ans, un travailleur doit économiser assez pour subvenir à ses besoins financiers pendant 25 ans en moyenne. C'est long!», ajoute-t-il.

Les résultats du sondage indiquent que la très grande majorité des travailleurs de 40 ans ou plus (83 %) aimeraient prendre une préretraite. Mais de ce nombre, près de la moitié (44 %) savent déjà qu'ils n'auront pas les moyens de réaliser leur projet.

«La faible performance des marchés financiers des dernières années influence sûrement leur perception, poursuit M. Langlois. Cette situation les sensibilise au fait que leur épargne-retraite ne leur permettra pas de maintenir le même rythme de vie à la retraite, particulièrement quand ils tiennent compte des coûts associés à la perte de la santé à un âge plus avancé.»

Un compromis

Pour les travailleurs de 40 ans ou plus, la retraite progressive constitue donc une solution de compromis. «Nous assisterons à la création d'une véritable génération de retraités qui continueront à travailler à temps partiel pour obtenir un supplément financier à leur revenu d'épargne-retraite», prévoit M. Langlois.

Pour l'instant, à peine 11 % des répondants au sondage de Desjardins Sécurité financière qui se disent retraités occupent encore un emploi rémunéré à temps plein ou à temps partiel. À cet égard, quelque 61 % des répondants se sont dits favorables aux modifications proposées aux lois fiscales québécoises concernant la pension de vieillesse. Entre autres changements proposés, les travailleurs auraient la possibilité de présenter une demande de rente de retraite à la Régie des rentes du Québec dès l'âge de 60 ans, même s'ils continuent à travailler. La Régie des rentes tiendra prochainement une consultation publique à ce sujet.

Le sondage a été réalisé par SOM entre le 5 et le 22 décembre auprès de 1501 personnes; la marge d'erreur est de 2,6 %, 19 fois sur 20.