Nav Canada abaisse ses tarifs

Le volume du trafic aérien a augmenté de 3 % depuis l’an dernier.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le volume du trafic aérien a augmenté de 3 % depuis l’an dernier.

Nav Canada, la société privée qui dirige le système de navigation aérienne du pays, a affirmé lundi que l’industrie va économiser 100 millions en 2016-2017 grâce à une baisse moyenne de 7,6 % des redevances qu’elle demande à ses clients. Le prix des billets va-t-il diminuer ? N’y comptez pas trop.

Cette décision, qui survient au terme d’une consultation, s’explique notamment par l’augmentation du trafic aérien, a précisé Nav Canada, créée il y a près de 20 ans afin de prendre la relève du ministère fédéral des Transports. De plus, la société a annoncé une réduction temporaire représentant 50 millions en 2017-2018.

Ce genre de réduction de tarifs n’a pas toujours un effet direct sur le prix des billets

 

« Ces modifications nous permettent d’aligner nos produits et nos charges futurs et de respecter ainsi notre mandat de recouvrement des coûts », a déclaré le président de Nav Canada, Neil Wilson, arrivé en poste au début de 2016.

« La forte croissance du trafic aérien, le contrôle rigoureux des coûts et les investissements stratégiques ciblés dans le système de navigation aérienne font que nous sommes en mesure de remettre des économies à nos clients tout en augmentant les investissements prévus dans les ressources humaines, la technologie et les aménagements », a ajouté M. Wilson.

Nav Canada se finance presque entièrement par les frais imposés aux transporteurs aériens. Selon la loi fédérale, elle n’a pas le droit de fixer des redevances qui auraient pour effet d’excéder le coût de ses activités d’exploitation.

Dans ses plus récents états financiers, publiés vendredi dernier, l’entreprise a dévoilé un chiffre d’affaires de 988 millions pour les neuf premiers mois de son exercice. Le volume de trafic a augmenté de 3 % depuis l’an dernier. La société a affirmé qu’elle continue de « contrôler les coûts tout en assurant la sécurité et l’efficacité des services de navigation aérienne ».

L’annonce a été saluée par le ministre des Transports, Marc Garneau, qui a affirmé sur Twitter que cette « bonne nouvelle » va de pair avec son objectif de « réduire les frais et rendre le transport aérien plus abordable et compétitif ».

Peu d’effet sur les billets

Il serait risqué de croire que cette baisse va entraîner une réduction du prix des billets d’avion, a toutefois avancé Mehran Ebrahimi, directeur du Groupe d’étude en management des entreprises de l’aéronautique, à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

« Généralement, des baisses de frais ou de taxes peuvent permettre aux entreprises, comme des transporteurs à rabais, de renforcer leur position et, dans certains cas, de réduire leur prix. Surtout dans des marchés où il y a une forte concurrence, comme en Europe, a dit M. Ebrahimi lors d’un entretien téléphonique. Au Canada, ce phénomène est valable théoriquement, mais en réalité, en raison de la taille du marché et du nombre de joueurs, ce genre de réduction de tarifs n’a pas toujours un effet direct sur le prix des billets. »

L’industrie canadienne est dominée par Air Canada et WestJet, alors que Porter joue un rôle plus restreint, a dit M. Ebrahimi. « Ces acteurs-là ont la possibilité de ne pas refléter ce genre de baisse sur le prix des billets. On l’a vu lorsque le prix du pétrole a diminué de façon considérable. »

Air Canada, dont le président a souvent déploré les frais aéroportuaires, par exemple, s’est réjoui de l’annonce de Nav Canada. « Nous réclamons depuis longtemps une réduction des coûts de structure au Canada, qui font partie des plus élevés au monde, pour harmoniser notre réglementation avec celles en vigueur dans d’autres pays », a affirmé sa porte-parole, Isabelle Arthur. La tarification aérienne est « un domaine très dynamique », a-t-elle ajouté, et les « tarifs augmentent et diminuent constamment » pour diverses raisons.