La nostalgie rapporte gros

Dans un parc à Barcelone, comme dans tant d’autres villes dans le monde, l’engouement pour l’application Pokémon Go est manifeste, ce qui profite grandement à Nintendo.
Photo: Josep Lago Agence France-Presse Dans un parc à Barcelone, comme dans tant d’autres villes dans le monde, l’engouement pour l’application Pokémon Go est manifeste, ce qui profite grandement à Nintendo.

La frénésie entourant l’application mobile Pokémon Go n’en finit plus de gonfler la valeur de l’action de Nintendo, qui a grimpé de 76 % depuis la sortie du jeu il y a une semaine. Visiblement, miser sur la nostalgie des joueurs est une stratégie qui fonctionne, et la compagnie n’entend pas s’arrêter là.

L’action de Nintendo a enregistré un nouveau bond spectaculaire de 15,9 % jeudi, poursuivant sa montée en flèche depuis la fermeture du mercredi 6 juillet, jour du lancement du jeu aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Nintendo n’a pas directement développé l’application, se contentant d’apporter son soutien à sa filiale The Pokémon Company et au studio Niantic, mais elle empoche malgré tout les bénéfices de cette percée sur le mobile.

Le succès du jeu repose essentiellement sur l’usage de la réalité augmentée et sur le retour de la franchise Pokémon, avec laquelle a grandi toute une génération aujourd’hui arrivée au tournant de la trentaine. Alors que ses concurrents font bien souvent des pieds et des mains pour renouveler leurs titres et surprendre les joueurs, Nintendo parvient ainsi, une fois de plus, à ressusciter de « vieux » personnages.

« C’est clair que d’investir dans les franchises qui peuvent atteindre un large public, mais surtout des jeunes, ça fonctionne à long terme », observe le professeur de l’Université Concordia Jonathan Lessard, qui se spécialise notamment dans l’histoire du jeu vidéo.

« Avec Pokémon Go, la réalité augmentée devient soudainement digeste. Ce genre-là attendait une idée simple et une franchise compatible pour atteindre un grand public, ajoute-t-il. Ça fait un bon dix ans qu’on entend parler de réalité augmentée sans que rien ne perce, donc il s’agit peut-être de la killer app tant attendue. »

Au terme d’une semaine folle, reste maintenant à savoir si l’application saura durer. M. Lessard prédit qu’elle connaîtra un succès comparable à celui de jeux pour mobile comme Candy Crush Saga ou Angry Birds, qui ont fait leur place sur l’écran d’accueil d’innombrables téléphones pendant deux ou trois ans avant de voir leur popularité décroître.

Retour dans le temps

Pour le moment, l’engouement ne faiblit pas — l’application n’a pas encore été officiellement lancée au Canada — et Nintendo garde le cap en touchant la fibre nostalgique des consommateurs.

Elle a pris le monde du jeu vidéo par surprise en annonçant jeudi le retour sur les tablettes de la console Nintendo Entertainment System (NES), qui est apparue pour la première fois au Canada au milieu des années 1980.

À partir du 11 novembre prochain, les adeptes pourront se procurer une « mini-réplique » de la console originale, qui tient dans une main. Elle est munie d’un câble HDMI qui se branche directement dans le téléviseur et inclut trente jeux, y compris les populaires titres des séries Mario, Zelda ou Donkey Kong.

« Nous voulions donner aux fans de tous les âges une chance de redécouvrir la console originale de Nintendo et de comprendre pourquoi ils sont tombés en amour avec Nintendo en premier lieu », a déclaré le directeur général de Nintendo du Canada, Pierre-Paul Trépanier, par voie de communiqué.

Selon lui, il s’agit de « l’appareil idéal pour tous ceux qui se souviennent avoir joué avec leur NES, ou pour ceux qui veulent partager ces souvenirs nostalgiques avec la nouvelle génération de joueurs ».