Aéro Montréal fait appel à la créativité des universitaires

Les participants devront présenter un concept et un modèle d’affaires permettant de récupérer un avion en entier d’ici 2030.
Photo: Maciej Noskowski Getty Images Les participants devront présenter un concept et un modèle d’affaires permettant de récupérer un avion en entier d’ici 2030.

Pendant que le projet de pôle québécois de démantèlement d’avions en fin de vie fait du surplace, la viabilité financière n’étant pas au rendez-vous, Aéro Montréal met au défi les étudiants du Québec de trouver une solution.

La grappe aérospatiale du Québec a annoncé mardi le lancement d’un concours s’adressant aux étudiants québécois provenant des facultés de génie et de commerce, qui « seront appelés à développer une solution durable et rentable permettant de récupérer 100 % des pièces d’un avion en fin de vie ici, au Québec ».

Cette compétition s’appuie sur une « étude de cas » réalisée en partenariat avec Aerospace Valley, le pôle français de l’aérospatiale. Les participants devront présenter un concept et un modèle d’affaires permettant de récupérer un avion en entier d’ici 2030. La solution doit être rentable, viable sur le plan environnemental et socialement acceptable.

Les finalistes défendront leur idée devant un jury composé de membres de l’industrie le 1er octobre prochain lors d’un événement organisé à l’École de technologie supérieure, dans le cadre de la Semaine internationale de l’aviation civile.

L’équipe gagnante remportera un voyage à Toulouse, où elle visitera les installations locales, tandis que l’industrie aérospatiale québécoise pourra se laisser inspirer par les différentes idées soumises.

« Peut-être qu’ils vont nous proposer des solutions de revalorisation d’avions qui sont nouvelles et qu’on pourrait appliquer à Montréal », affirme la présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, Suzanne Benoît, en entrevue depuis le Salon international de l’aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni.

Elle précise toutefois que le concours n’est pas lié à la poursuite des travaux visant l’implantation d’une filière de démantèlement d’avions en fin de vie au Québec.

« À pas de tortue »

La faisabilité du projet de pôle québécois de récupération et de recyclage d’avions en fin de vie a été démontrée en 2011 par une première étude commandée par Aéro Montréal, puis renforcée par le démantèlement de deux appareils Airbus A310 d’Air Transat à l’aéroport de Mirabel à l’été 2013. Mais après des débuts prometteurs, le projet a désormais du plomb dans l’aile.

« Le projet n’a pas vraiment avancé parce qu’il n’y a pas d’acteur dans le secteur privé qui voit un bénéfice commercial à faire ça, explique Mme Benoît. À l’heure actuelle, le modèle d’affaires qui a été proposé ne semble pas viable au Québec. »

C’est qu’ici, le démantèlement doit se faire pendant l’été ou à l’intérieur de hangars, une contrainte que n’ont pas certains pays aux climats plus cléments, illustre-t-elle.

Aucun échéancier n’est fixé pour la poursuite du projet. Le comité d’Aéro Montréal consacré au recyclage pourrait cependant offrir quelques éléments de réponse lorsqu’il présentera ses travaux le 1er octobre. « On marche à pas de tortue, mais on avance », insiste Mme Benoît.