La construction de logements a accéléré

Dans les centres urbains, les mises en chantier ont progressé de 18,1 % en juin pour atteindre 202 702 unités, stimulées par les mises en chantier de logements collectifs, lesquelles ont gagné 26,7 % à 142 819 unités.
Photo: Eduardo Lima La Presse canadienne Dans les centres urbains, les mises en chantier ont progressé de 18,1 % en juin pour atteindre 202 702 unités, stimulées par les mises en chantier de logements collectifs, lesquelles ont gagné 26,7 % à 142 819 unités.

La tendance des mises en chantier de logements a pris de la vitesse le mois dernier, stimulée par la construction d’appartements en Ontario, et particulièrement celle de copropriétés à Toronto, a indiqué lundi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Le nombre de mises en chantier s’est établi à 218 333 en juin, en données désaisonnalisées et annualisées, a indiqué l’agence. En comparaison, elles s’étaient chiffrées à 186 709 mises en chantier au mois de mai. Les économistes s’attendaient à voir 190 000 mises en chantier en juin, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

« Nous avons prédit que le marché canadien de l’habitation n’allait pas tomber en bas d’une falaise, mais nous ne nous attendions cependant pas à ce qu’il recommence à grimper », a observé l’économiste Nick Exarhos, de la Banque CIBC.

Dans les centres urbains, les mises en chantier ont progressé de 18,1 % en juin pour atteindre 202 702 unités, stimulées par les mises en chantier de logements collectifs, lesquelles ont gagné 26,7 % à 142 819 unités. Les mises en chantier de maisons individuelles ont avancé de 1,7 % à 59 883 unités.

Pour ce qui est des différentes régions du pays, les mises en chantier ont progressé en Colombie-Britannique, en Ontario et dans les Prairies, mais elles ont reculé au Québec et dans l’Atlantique. « L’activité de construction résidentielle reste une histoire très régionale au Canada, et c’est normal compte tenu des conditions économiques très différentes en ce moment », a observé Robert Kavcic, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux.

Le Québec à part

Au Québec, un total de 38 400 unités ont démarré en juin comparativement à 38 900 un mois plus tôt. « Le Québec se trouve dans une classe à part alors que l’atterrissage en douceur a permis d’évacuer les craintes », a souligné Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins.

La santé du marché canadien de l’habitation est surveillée de près par les économistes. La Banque du Canada a identifié le marché de l’habitation comme un secteur à risque et a averti que la vigueur des hausses de prix sur les marchés de Vancouver et de Toronto ne pourrait vraisemblablement pas être soutenue.

« Le marché des copropriétés est en pleine ébullition, ce qui soulève certaines inquiétudes pour l’évolution à venir du marché immobilier dans ces deux provinces. La croissance démographique plus forte qu’ailleurs au pays, notamment en raison de l’immigration, la présence d’investisseurs étrangers et la progression plus rapide du PIB réel contribuent à alimenter la demande de logements. Les risques d’une correction sont bien présents à Vancouver et à Toronto et la vigueur de la construction neuve alimente les craintes », a écrit Hélène Bégin.

M. Kavcic a noté que le rythme national des mises en chantier d’habitations semblait se stabiliser aux environs de 200 000, en hausse par rapport aux dernières années. « Ce niveau d’activité de construction est légèrement plus fort que celui nécessaire pour répondre à la demande démographique, mais si une “surenchère” commence à prendre forme, elle est largement concentrée dans une région — la Colombie-Britannique », a-t-il écrit dans un rapport. Les mises en chantier en région rurale ont été dénombrées à 15 631 en juin, en chiffres désaisonnalisés et annualisés.

Ailleurs, dans les provinces pétrolières, les mises en chantier sont en baisse de 10 % à Terre‑Neuve-et‑Labrador au premier semestre, de 16,4 % en Saskatchewan et de 41,4 % en Alberta. « Le marché de la revente est également difficile, avec une tendance baissière des ventes et des prix moyens », a ajouté l’économiste de Desjardins.

La moyenne mobile des six derniers mois, pour les données désaisonnalisées et annualisées, s’est établie à 197 918 mises en chantier, comparativement à 190 302 mises en chantier en mai.

Avec Le Devoir