L’impact du Brexit se compare à celui de 2008

Le Brexit a lourdement fait sentir son effet sur les actions des compagnies aériennes déjà plombées par les attaques terroristes. Les secousses provoquées par le vote référendaire sont comparées à celles mesurées lors de la crise financière de 2008.

Dans sa revue mensuelle de juin, l’Association du transport aérien international (IATA) mesure les secousses boursières ressenties par les compagnies aériennes au lendemain du Brexit. L’indice sectoriel global a chuté de 11,6 % en juin, gonflant à 21 % le recul depuis le début de 2016. Il s’agit du pire début d’année depuis la crise de 2008 pour les actions des compagnies aériennes, dans un environnement de surplace pour l’ensemble des parquets boursiers.

Les récentes attaques terroristes ciblant des aéroports et des lieux touristiques ont eu un impact. Le Brexit et l’incertitude quant à la suite des choses sont venus ajouter à l’inquiétude des investisseurs. Les actions des compagnies aériennes européennes sont les plus touchées avec un repli d’ensemble de 24,6 % en juin. Ce plongeon de juin, soit le pire recul mensuel depuis les événements de septembre 2001, précise l’IATA, pousse la perte depuis le début de l’année à 30,2 %.

Les transporteurs asiatiques ont reculé de 3 % en Bourse en juin (de 9,9 % depuis le début de 2016) et les nord-américains, de 10,6 % (de 24,4 % en six mois).

La chute de la livre sterling va freiner les envies de voyage des Britanniques, et se traduire par une hausse des coûts de carburant, libellés en dollars

 

Il a été écrit que, pour les compagnies aériennes, une sortie de l’espace unique aérien serait un coup dur, signifiant des taxes supplémentaires et des complications pour ouvrir de nouvelles liaisons. « Les experts du secteur anticipent déjà une baisse de volume des passagers entre le Royaume-Uni et le reste de l’Europe — et, si l’économie flanche, avec le reste du monde aussi. Même chose pour les volumes de fret. La chute de la livre sterling va freiner les envies de voyage des Britanniques, et se traduire par une hausse des coûts de carburant, libellés en dollars », ont souligné les médias européens.

En réactions immédiates, IAG, propriétaire de British Airways, et la compagnie bon marché EasyJet, toutes deux domiciliées au Royaume-Uni, avaient déjà annoncé des résultats sous pression. Easyjet a été plus loin en déclarant, début juillet, avoir demandé un certificat de transporteur aérien dans un autre pays de l’Union européenne.

Autrement, l’IATA, dans ses statistiques mensuelles, publie des résultats financiers faisant ressortir un solide début d’année pour l’industrie. Dans son échantillon de 92 compagnies aériennes, le bénéfice après impôts est en hausse de 26,5 % entre les premiers trimestres de 2015 et de 2016. La marge bénéficiaire moyenne est passée de 5,8 % à 8 %.

D’autres indicateurs de flexibilité financière, tels les fonds autogénérés, les flux de trésorerie disponibles et la proportion des dépenses d’investissement par rapport aux revenus, pointent également dans la même direction.

Les statistiques de juin mettent cependant en évidence l’impact négatif de la vigueur du billet vert, notamment sur les marges bénéficiaires libellées en dollars américains.