Postes Canada retire son avis de lockout pour négocier

Postes Canada a abandonné dimanche soir sa menace de lockout pour lundi.

La société d’État a retiré son avis de lockout de 72 heures lancé la semaine dernière. Elle a indiqué, par voie de communiqué, que « le service postal ne sera pas interrompu pendant que les pourparlers continuent ». La partie patronale pouvait légalement décréter un lockout de ses 50 000 employés syndiqués ce lundi, dès 0 h 01. Elle a dit s’attendre à ce que « le syndicat respecte son intention, maintes fois répétée publiquement, de ne pas émettre d’avis de grève ». Selon elle, « le fait d’avoir l’assurance des deux parties que le système postal demeurera en fonction pendant que nous négocions fournira aux Canadiens et à nos employés la certitude qu’ils recherchent ».

Intenses négociations

La société et le syndicat sont engagés dans d’intenses négociations supervisées par trois médiateurs du gouvernement fédéral. Malgré le refus du syndicat de se soumettre à une « trêve » de 30 jours de négociations intensives suivie d’un arbitrage obligatoire, les deux parties ont continué de négocier tout le week-end.

François Senneville, directeur national pour le Québec hors Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, était au bureau dimanche. « On fait des allers-retours incessants à la table de négociations. On reste très tard le soir, on dort la nuit, et on recommence très tôt le matin. » Les discussions avancent bien, selon le syndicat, qui ne précise pas quels enjeux sont toujours litigieux. « On réussit à s’entendre sur certains points. On est en train de trouver un terrain d’entente pour les autres », résume François Senneville.

Supervision du fédéral

Plus tôt dimanche, la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuk, s’était déclarée « très heureuse qu’il y ait eu des développements et que des progrès soient réalisés à la table de négociations ». Par voie de communiqué, elle a encouragé les deux parties à poursuivre les discussions au-delà du délai de préavis de lockout, retiré plus tard par Postes Canada. « Je continue à suivre la situation de près », concluait-elle.

« Nous sommes très contents que la ministre soit impliquée dans la discussion », a noté François Senneville, du syndicat. « C’est un bon message. »

Aux deux médiatrices qui étaient déjà à la table de négociation depuis la fin du printemps s’est ajouté un médiateur supplémentaire, début juillet.

Avec La Presse canadienne

Demande d’action collective

Un retraité de Postes Canada, Réal Robillard, dépose une demande d’action collective contre la société d’État, car la couverture d’assurances médicaments à laquelle ont droit les employés ne serait pas conforme aux exigences de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Postes Canada affirme qu’en tant que société fédérale, elle n’a pas à se soumettre aux exigences provinciales. La poursuite affirme quant à elle que la société est tenue d’appliquer les exigences des lois de compétence provinciale qui n’entravent pas l’application des lois fédérales. La RAMQ établit un plafond annuel qu’un citoyen doit débourser pour ses médicaments. M. Robillard, qui souffre de la maladie de Parkinson, aurait payé des milliers de dollars en trop, selon la poursuite. M. Robillard cherche à obtenir un remboursement des sommes payées en trop pour les 25 000 travailleurs et retraités de Postes Canada qui auraient été affectés. Il demande aussi 2000 $ en dommages pour les employés.
1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 11 juillet 2016 00 h 24

    une autre mecanique

    J'ai toujours pensé que les administrateurs fonctionnaires sont souvent contreproductifs, peut -etre faudrait-il trouver une autre mécanique quand l'état est impliqué