Les créations d’emplois rebondissent aux États-Unis

Washington — Les créations d’emplois aux États-Unis ont affiché un rebond spectaculaire en juin dépassant largement les prévisions, tandis que le taux de chômage a légèrement augmenté, selon les chiffres du ministère du Travail publiés vendredi.

L’économie a créé 287 000 emplois nets, le meilleur score mensuel depuis octobre, après une quasi-stagnation en mai. Les analystes ne prévoyaient que 175 000 nouvelles embauches. Le taux de chômage est passé de 4,7 % à 4,9 %, à la faveur d’un retour sur le marché du travail de personnes recherchant activement un emploi. Les analystes tablaient sur 4,8 %.

Cette performance est de nature à rassurer les marchés sur l’état de l’économie américaine après la frayeur du mois de mai. Selon l’estimation révisée du gouvernement, les entreprises n’avaient créé que 11 000 nouveaux emplois en mai (contre 38 000 précédemment estimés). Cette déception avait notamment conduit la Réserve fédérale (Fed), également soucieuse des effets du vote britannique sur le Brexit, à renoncer en juin à relever les taux d’intérêt.

Les rémunérations, observées de près par la Fed qui voudrait voir l’inflation remonter vers un objectif de 2 %, ont très légèrement augmenté en juin. Le salaire horaire moyen n’a en effet augmenté que de 0,1 % en juin ; sa progression sur un an ressort à 2,6 % contre 2,5 % le mois précédent.

« C’est un sacré chiffre. 287 000, c’est un signe de solidité, même avec la révision en baisse de mai. Les salaires ont un peu augmenté mais sans excès. Cela montre que l’économie américaine était plutôt en assez bonne forme pour affronter le Brexit », a commenté à l’agence Reuters Brian Jacobsen, responsable de stratégies d’investissement chez Wells Fargo Fund Management. « Il faudra voir comment l’économie réagit au surcroît d’incertitude liée au Brexit et au raffermissement du dollar, mais l’on peut penser que la Fed pourrait parler d’une hausse de taux en décembre. Une hausse dans un contexte de solidité de l’économie ne devrait pas être négative pour les actions. »

Même en tenant compte du rebond de juin, la dynamique du marché du travail a ralenti aux États-Unis, une situation que les économistes jugent normale en raison de l’avancée dans le cycle et d’une situation qu’ils jugent proches du plein emploi.

Avec Le Devoir