L’emploi reste en déficit depuis la Grande Récession

Les emplois perdus depuis la crise n’ont pas été récupérés, la croissance des salaires reste anémique et les chômeurs de longue durée sont en forte hausse depuis 2007. Faible consolation, le Canada fait mieux que la moyenne des pays de l’OCDE.

Dans ses Perspectives de l’emploi 2016 publiées jeudi, l’Organisation de coopération et de développement économiques dresse le portrait d’un marché du travail se redressant, avec un retour de l’emploi au niveau d’avant-crise attendu pour 2017. Il aura donc fallu dix ans aux pays industrialisés membres de l’OCDE pour récupérer les emplois retranchés par la crise et la Grande Récession qui a suivi.

Mais tout n’est pas regagné. « Le redressement du marché de l’emploi n’est qu’à moitié achevé, car les salaires restent à la traîne, martèle le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures globales et ambitieuses pour relancer les gains de productivité et la croissance des salaires, et pour lutter contre le creusement des inégalités sur le marché du travail. »

Le taux d’emploi des 15 à 74 ans devrait atteindre 61 % à la fin de 2017, soit un niveau légèrement supérieur à celui mesuré à la fin de 2007. La croissance des salaires demeure cependant atone dans plusieurs pays, dit l’OCDE. « Les gains de productivité stagnent depuis ces dernières années et parmi les travailleurs qui ont perdu leur emploi dans l’industrie manufacturière ou la construction pendant la crise, nombreux sont ceux qui ont retrouvé, dans le secteur des services, des emplois faiblement rémunérés qui ne correspondent pas à leurs compétences. »

Pire, l’OCDE constate que, même si le taux de chômage doit reculer à 6,1 % fin 2017 dans la zone, 39 millions de personnes resteront sans emploi, soit 6,3 millions de plus qu’avant la crise. « Un chômeur sur trois environ est sans emploi depuis 12 mois ou plus, soit une hausse de 54,6 % depuis fin 2007. Plus de la moitié d’entre eux sont sans emploi depuis deux ans ou plus, ce qui les rend plus susceptibles d’être définitivement exclus du marché du travail. »

Chez les jeunes, la proportion dite déscolarisée, sans emploi et ne suivant aucune formation était à 15 % en 2015, contre 13,5 % en 2007.

Mieux au Canada

Le Canada peut se consoler à l’idée qu’il fait mieux que la moyenne de l’OCDE. Le taux d’emploi des 15 à 74 ans s’y situe à 65 % au premier trimestre de 2016, soit un taux tout de même inférieur de près de deux points de pourcentage à son niveau d’avant la crise. Ces données ne sont toutefois pas sans refléter le choc pétrolier qui perdure depuis la mi-2014.

Le taux de chômage s’est élevé à 6,9 % en mai, soit un taux d’un point de pourcentage supérieur à son plus bas d’avant la récession. Il avait atteint un pic à 8,6 % au cours de la contraction économique de 2008-2009. La proportion des chômeurs à la recherche d’un emploi depuis plus d’un an se situait à 11 % au quatrième trimestre de 2015, l’une des plus basses de l’OCDE, mais elle est tout de même supérieure de quatre points de pourcentage à son creux de 7 % atteint au dernier trimestre de 2008.

L’Organisation ajoute que les salaires réels ont augmenté au Canada plus rapidement que dans la moyenne des pays de l’OCDE depuis la crise. La progression est cependant plus faible au cours de la période 2008-2015 que durant la période 2000-2007.

Chez les jeunes, 13 % des Canadiens de 15 à 29 ans entraient dans la catégorie des plus vulnérables parce que déscolarisés et sans emploi. C’est moins que la moyenne de 15 % de l’OCDE, mais le taux canadien demeure supérieur d’un point de pourcentage à ce qu’il était avant la Grande Récession.