Le «portefeuille Québec» sauve la mise

Le président du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Le président du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin

La bonne tenue du « portefeuille Québec » a compensé l’instabilité des marchés financiers, ce qui a permis au Fonds de solidarité FTQ de générer un rendement de 4,4 % au cours de l’exercice financier 2015-2016, en baisse par rapport au rendement de 9,8 % enregistré au cours de l’année précédente.

Lors de l’exercice qui s’est terminé le 31 mai dernier, le Fonds FTQ a dégagé un bénéfice net de 498 millions de dollars, comparativement à 992 millions lors de l’exercice précédent.

D’une part, les investissements en capital de développement dans des entreprises qui ont un impact sur l’économie québécoise ont généré un rendement de 8,8 % (comparativement à 10,1 % en 2014-2015). Les nouveaux investissements dans l’économie du Québec ont atteint 686 millions, en hausse de 7 % par rapport à l’année précédente. En contrepartie, les autres investissements n’ont progressé que de 3 % (par rapport à 12,1 % en 2014-2015).

Les quelque 618 500 actionnaires-épargnants du Fonds ont malgré tout vu la valeur de chaque action atteindre un nouveau sommet, à 34,73 $, en hausse de 1,47 $ par rapport à juillet 2015.

Le rendement annuel de 4,4 % est le plus faible enregistré par le Fonds FTQ depuis les 2,6 % générés en 2012. Le président et chef de la direction du fonds d’investissement québécois, Gaétan Morin, attribue la diminution du rendement aux « turbulences excessivement fortes sur les marchés financiers » et se dit « très fier » des résultats obtenus.

« Malgré notre mission [de développement économique et de création d’emplois], nous arrivons à mieux faire que les fonds communs équilibrés canadiens », fait-il remarquer.

Ces fonds communs équilibrés canadiens ont généré un rendement négatif de 0,8 % au cours du dernier exercice financier, selon la compilation du Fonds FTQ.

Celui-ci est désormais partenaire de plus de 2600 entreprises, incluant les 85 qui se sont ajoutées au cours des douze derniers mois, comme Les Serres Lefort, Groupe Canam, Pelican International et Orckestra.

Nouvelles orientations

Avec les signaux que lui envoient les économies québécoise, canadienne et mondiale, le Fonds FTQ n’anticipe pas des rendements futurs mirobolants, mais il entend récolter les fruits de son nouveau plan stratégique, qui a commencé à être mis en oeuvre.

Le Fonds veut se concentrer sur quatre secteurs de l’économie québécoise (l’aérospatiale, l’agroalimentaire, les produits forestiers et les sciences de la vie) et favoriser l’innovation. Il a également l’intention d’investir jusqu’à 500 millions dans des « fleurons » québécois, dont la liste demeure confidentielle.

« Le but, c’est d’avoir un noyau d’actionnaires québécois pour assurer la pérennité de la propriété québécoise, explique M. Morin. Nous n’avons pas la prétention de régler tous les problèmes avec 500 millions, mais c’est un pas dans la bonne direction. »

Le but n’est pas d’investir en cas d’urgence, mais bien de placer des billes avant qu’une offre d’achat hostile ne se présente. « Nous avons commencé à acheter des actions de ces entreprises-là. L’opération a débuté et elle va se poursuivre au cours de la prochaine année », précise le président.

Le Fonds FTQ veut finalement consacrer 400 millions à des projets d’infrastructures immobilières socio-économiques de petite et moyenne tailles. Selon le plan dévoilé, des écoles, des bibliothèques ou des complexes sportifs seront construits grâce à un investissement du Fonds et d’un « partenaire privé local ». Ceux-ci seront propriétaires des lieux, qu’ils loueront ensuite aux villes ou aux commissions scolaires.

« Avec l’avancement que je vois dans certains projets, je suis convaincu que nous aurons des annonces à faire au cours des douze prochains mois », a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.

1 commentaire
  • Jacques Larochelle - Abonné 6 juillet 2016 11 h 06

    Virage inespéré?

    Un lien actif et un graphique dans un même article du Devoir! Ouah!

    Simple coïncidence ou signe d'engagement dans le nouveau siècle?