Les actions canadiennes servent bien les caisses de retraite

Les actions canadiennes ont fait le bonheur des caisses de retraite après six mois en 2016. Mais, dans l’ensemble, une nouvelle chute des rendements obligataires a ajouté à la détérioration de l’indice de solvabilité des régimes à prestations déterminées déjà vérifiable avec les secousses provoquées par le Brexit.

Selon une lecture au 27 juin publiée par le cabinet Mercer, un portefeuille équilibré type a inscrit un rendement de 0,6 % au deuxième trimestre, effaçant la performance négative de 0,5 % comptabilisée au premier. Les gestionnaires ayant priorisé les actions canadiennes auront eu, une nouvelle fois, la main heureuse. « Pour le deuxième trimestre consécutif, les actions canadiennes ont été la grande catégorie d’actions ayant affiché le meilleur rendement, soit 2,1 % au cours du trimestre », a souligné Mercer. Leur poussée après six mois est de 6,8 %.

Négative ailleurs

 

Ailleurs, la contribution des actions américaines a été négative, de -2,4 %. « En dollars canadiens, les investisseurs canadiens auraient enregistré une perte de -1,1 % en raison de la force de la devise américaine à la suite du vote du Brexit. Le dollar canadien s’est apprécié de 7,9 % par rapport à la livre sterling et de 2,5 % par rapport à l’Euro, principalement dans la foulée des résultats du vote du Brexit », a souligné le cabinet de services-conseils. La performance des actions internationales selon l’indice MSCI EAEO a procuré un rendement de -5,3 % en monnaie locale, de -5,4 % en dollars canadiens. « Les marchés émergents ont également offert une performance décevante, avec un rendement négatif en monnaie locale de -2,4 % et de -2,9 % une fois converti en dollars canadiens. »

Sur la base de la solvabilité, les régimes à prestations déterminées n’ont pu tirer profit d’un rendement d’ensemble positif. Selon l’indice Mercer, qui illustre le ratio de solvabilité d’un régime hypothétique, il se chiffrait à 88 % au 27 juin, contre 93 % en début d’année. Quant à l’effet du Brexit et des turbulences ayant frappé les marchés, le ratio médian des régimes clients de Mercer était de 85 % avant le vote référendaire, soit identique à celui du début d’année. Il est tombé à 82 % au 27 juin.

Nonobstant cette secousse, « le repli du niveau de solvabilité des régimes de retraite au cours du premier semestre de 2016 est aussi attribuable à la chute des rendements des obligations à long terme, au rendement anémique des actions à l’échelle mondiale et à l’appréciation du dollar canadien [qui a nui au rendement des placements étrangers qui ne font pas l’objet d’une stratégie de couverture des devises] ».

Le jeu des anticipations repoussant toute hausse des taux d’intérêt directeurs des banques centrales et soutenant un déplacement vers la sécurité étirant les taux négatifs sur des échéances plus lointaines a fait son oeuvre. « La courbe des rendements à échéance au Canada a profité du plus faible appétit des investisseurs pour le risque et s’est légèrement aplanie avec un resserrement de 24 points de base des obligations à long terme, alors que les rendements des obligations à court et à moyen termes chutaient de 17 points de base et de 11 points de base respectivement par rapport aux rendements enregistrés à la fin de premier trimestre », a mesuré Mercer.

À voir en vidéo