De la volatilité, de l’émotion, mais pas de panique

L’« indice de la peur » a bondi de 48 % pour passer de 17,39 à 25,76 points. Au-dessus de 30, on entre en territoire émotif.
Photo: Spencer Blatt / Getty Images / Agence France-Presse L’« indice de la peur » a bondi de 48 % pour passer de 17,39 à 25,76 points. Au-dessus de 30, on entre en territoire émotif.

Le Brexit a provoqué de la volatilité et des réactions émotives en Bourse, mais pas de panique.

Les participants au marché ne l’ont pas vu venir. Malgré les sondages soufflant le chaud et le froid, ils ont préféré faire confiance aux paris enregistrés par les bookmakers britanniques qui, la veille du référendum, n’accordaient qu’une probabilité de 20 % au Brexit. La surprise a été totale à l’issue du vote. Pour Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, « il y a eu un mouvement violent, brutal et immédiat, la livre a chuté de 10 %. Mais il n’y a pas eu de panique, et les banquiers centraux ont fait le travail auquel ils se tenaient prêts au cas où, c’est-à-dire injecter beaucoup de liquidités dans les marchés », a-t-elle souligné dimanche, lors d’un forum au Colorado.

Cette lecture est confirmée par l’indice VIX mesurant la volatilité du S&P 500, baromètre du parquet boursier new-yorkais. Vendredi, en réaction aux résultats du vote britannique, cet « indice de la peur » a bondi de 48 % pour passer de 17,39 à 25,76 points. Lundi il reculait de 9,2 %, à 23,39. Cet indice évolue généralement entre 10 et 30 points. Au-dessus de 30, nous entrons en territoire émotif. L’émotivité prend alors le dessus sur le rationnel. À 45 et plus, c’est la crise, la grosse crise. La peur. Plus haut encore, c’est la terreur.

La petite histoire nous enseigne qu’avant 2007, il n’avait dépassé la barre des 40 points qu’à trois reprises. Lors de l’effondrement du marché financier russe en 1998, lors des attentats du 11-Septembre et dans le sillage du scandale Enron, en 2002. À titre d’illustration, le VIX a atteint son niveau culminant à 80,06 le 27 octobre 2008, dans le sillage de la faillite de Lehman Brothers. Il était tombé sous les 15 points au sommet du marché boursier en 2007.