Le REER, un incontournable

Le régime enregistré d'épargne-retraite (REER) est un incontournable, ne serait-ce que pour accroître son patrimoine-retraite ou encore pour bénéficier d'un étalement du revenu imposable. On le présente, d'ailleurs, comme l'une des trois composantes d'une démarche visant à protéger sa qualité de vie une fois la retraite venue.

On estime généralement que la qualité de vie est maintenue à la retraite avec un capital permettant de générer au moins 60 % du revenu brut dégagé durant la phase dite active. Par ailleurs, le système canadien de retraite s'articule autour de trois modes d'épargne qui, combinés, visent un taux de remplacement du revenu entre 65 et 70 %. Il y a les régimes publics, qui permettent de couvrir environ 35 % du revenu dégagé par le bénéficiaire avant sa retraite, mais jusqu'à un plafond d'à peine 40 000 $. Et il y a l'épargne-retraite privée, comprenant les REER et les régimes complémentaires en milieu de travail.

S'il faut retenir les trois dimensions du régime canadien, il faut également souligner que ce système s'inscrit dans un environnement dominé par l'augmentation de l'espérance de vie et par la faiblesse des taux d'intérêt. Le REER ne peut donc être autre chose qu'un incontournable.

Investir tôt

Résumé à sa plus simple expression, le REER s'appuie sur cet impératif consistant à investir tôt, dans la vie et dans l'année. Ne serait-ce que pour repousser l'imposition et accumuler des rendements à l'abri de l'impôt, de manière à faire tourner rapidement la roue du rendement composé.

De plus, le REER n'est pas un abri fiscal. Il prend plutôt la forme d'un régime d'étalement du revenu imposable, l'imposition du revenu étant reportée dans le temps au moment du retrait, partiel ou total, des sommes injectées dans le régime. Le titulaire du régime tentera de faire coïncider ce retrait avec une période où son taux d'imposition sera inférieur (à la retraite ou lors d'un congé sabbatique, par exemple) à ce qu'il était au moment des contributions.

Le REER offre deux grands avantages. D'une part, les contributions sont entièrement déductibles du revenu imposable, et ce tant au provincial qu'au fédéral. De plus, les revenus générés par le capital injecté dans le régime ne sont pas imposables tant et aussi longtemps que les fonds demeurent à l'intérieur du régime. La croissance du capital s'en trouve accélérée à la fois par l'accumulation de revenus de placement à l'abri de l'impôt et par le jeu du rendement composé. Le réinvestissement du retour d'impôt viendra accélérer le mouvement.

Gérard Bérubé