Le Québec n’entérine pas la réforme

Vancouver — La plupart des ministres des Finances du Canada ont conclu une entente de principe sur la réforme du Régime de pensions du Canada (RPC), lundi. Deux provinces, le Québec et le Manitoba n’ont toutefois pas accepté l’entente.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a salué la conclusion de l’entente, parlant même de « journée historique ». En conférence de presse, M. Morneau a indiqué que le changement « sera très graduel ». Selon lui, le futur RPC sera « mieux pour les petites et moyennes entreprises et mieux pour les employés qui vont pouvoir comprendre comment faire [pour en bénéficier] ».

Toute modification au RPC devait obtenir l’aval de sept provinces représentant les deux tiers de la population canadienne, ce qui procurait de facto à l’Ontario un droit de veto mathématique. Le Québec, qui s’est exclu du RPC dans les années 1960 pour créer son propre Régime de rentes, avait quand même son mot à dire dans cette réforme, qui n’entrera pas en vigueur avant trois ans.

Même s’il a finalement refusé d’entériner l’entente, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a refusé de quitter Vancouver en claquant la porte. Au contraire, après avoir rappelé que le Québec avait déjà mis en place sa propre Régie des rentes pour administrer son régime public des pensions, il s’est réjoui de voir le gouvernement fédéral aller de l’avant avec une réforme du système.

M. Leitão a déclaré que même si la solution québécoise au problème des pensions était « différente », ses collègues et lui « partageaient les mêmes idéaux ».

M. Leitão, estimait lundi matin qu’il restait encore « le tiers du chemin » à parcourir afin d’en arriver à une entente sur la bonification du Régime de pensions du Canada (RPC).

À son arrivée lundi à une rencontre avec ses homologues du fédéral, des provinces et des territoires, à Vancouver, M. Leitão a rappelé la position du Québec : la bonification du RPC doit être « ciblée, modeste et graduelle ».

L’Ontario, impatiente d’agir, a déjà entamé la mise en place de son propre régime, mais elle préférerait demeurer dans le système canadien.

Toute modification au RPC doit obtenir l’aval de sept provinces représentant les deux tiers de la population canadienne, ce qui procure de facto à l’Ontario un droit de veto mathématique. Le Québec, qui s’est exclu du RPC dans les années 1960 pour créer son propre Régime de rentes, a quand même son mot à dire dans cette réforme, qui n’entrerait pas en vigueur avant trois ans.

La Saskatchewan et la Colombie-Britannique estiment que la situation économique n’est pas propice à une hausse des cotisations des travailleurs.

Selon des données fédérales, les travailleurs les plus susceptibles de ne pas économiser assez pour leur retraite sont âgés de moins de 30 ans et gagnent entre 55 000 $ et 75 000 $. Un scénario voudrait que l’on augmente le « maximum des gains admissibles » au RPC, qui est actuellement de près de 55 000 $. Ce scénario permettrait d’augmenter les recettes des cotisations, mais aussi de rehausser les prestations de retraite.

Actuellement, les travailleurs et les employeurs doivent cotiser au RPC 4,95 % des gains de l’employé jusqu’à un maximum de 55 000 $ de revenus d’emploi. Au Québec, ce taux est passé de 5,25 à 5,325 % en 2016, et sera de 5,40 % l’an prochain — des hausses de trois quarts de points par année.

1 commentaire
  • Jean-Yves Arès - Abonné 21 juin 2016 08 h 26

    Pendant ce temps...


    En suède une cotisation de 18.5% sur les salires donne une couverture de 60% de ceux-ci.

    Ici avec 11% de cotisation on ne couvre que 25% du revenu de travail. on peut extrapoler qu'une cotisation de 18.5% couvrirait 42% du revenu de travail....

    Il vraiment quelque chose qui cloche, ou qui n'est pas expliqué dans nôtre système.

    D'autant que nos régimes privés eux en donnent pas mal plus pour les cotisations versées !