Le Québec, terre d’accueil pour les spécialistes de la batterie?

Le président d'Hydro-Québec, Éric Martel
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président d'Hydro-Québec, Éric Martel

Celui qui dirige les efforts d’Hydro-Québec dans la recherche sur les matériaux de batteries, lesquelles sont un facteur clé dans le progrès de la voiture électrique, croit que le Québec est bien placé pour devenir un partenaire de choix des sociétés étrangères qui se spécialisent dans les technologies de stockage.

« C’est un rêve réalisable », a dit mardi Karim Zaghib, directeur du stockage et de la conversion d’énergie à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), lors d’un entretien avec la presse en marge de la Conférence de Montréal. « Je travaille très fort pour amener des compagnies. Je peux vous dire, je pense qu’on est sur la bonne voie. Un exemple, c’est Sony. Et je suis en train de discuter avec d’autres sociétés qui vont venir au Québec. »

Au printemps 2014, Hydro-Québec et Sony ont fondé à Varennes une coentreprise baptisée Technologies Esstalion, spécialisée dans le stockage d’énergie de grande capacité destiné aux réseaux électriques. Les essais d’un premier prototype, de la taille d’un conteneur de 16 mètres, ont eu lieu à l’été 2015. La société d’État évoquait alors un système d’une puissance de 1,2 MW pouvant emmagasiner 1,2 MWh, « soit l’équivalent, au Québec, de la consommation quotidienne moyenne de 23 maisons ».

Selon M. Zaghib, dont la présence à la Conférence de Montréal s’expliquait par sa participation à une table ronde sur l’électrification des transports, a affirmé que la coentreprise devrait commencer sa production en septembre prochain. La production des batteries (lithium-ion à base de fer phosphate) aura lieu au Japon, mais le montage sera entièrement fait au Québec, a-t-il dit.

« On vise le créneau des sociétés de services publics, a dit M. Zaghib. Mais il y a plusieurs applications. Il peut y avoir l’éolien, le stockage d’énergie solaire, etc. Ce n’est pas pour les voitures électriques, mais la même technologie peut être utilisée dans les autobus électriques, bien que notre coentreprise avec Sony ne soit que pour le stockage d’énergie. »

Plan stratégique

La mise en marché des technologies innovantes développées chez Hydro-Québec fait d’ailleurs partie du plan stratégique 2016-2020 publié la semaine dernière, a rappelé lors d’une autre table ronde le président de la société d’État, Éric Martel. Outre Technologie Esstalion, la société d’État inclut dans cette stratégie de commercialisation sa filiale TM4, spécialisée dans la motorisation électrique.

Le plan stratégique s’arrime au désir d’Hydro-Québec de doubler ses revenus d’ici 2030, c’est-à-dire de les faire passer de 14 milliards à 27 milliards. Il vise aussi à amener le bénéfice net à 5,2 milliards.

« Nous voulons commercialiser davantage nos inventions, a dit M. Martel. Le stockage d’énergie est un enjeu planétaire. Nous, nos batteries, ce sont nos grands barrages. Mais à beaucoup d’endroits, les gens ne sont pas dans cette situation. La batterie de grande capacité va plus loin que n’importe quelle autre batterie sur le marché. On évalue différents scénarios pour la commercialiser. »

Électrification des transports

La table ronde sur l’électrification des transports avait également invité le directeur de la division électrique chez Ford, Mike Tinskey, de même qu’un directeur principal de la firme-conseil McKinsey, Patrick Hertzke. La discussion a beaucoup tourné autour des barrières empêchant l’adoption plus large de la voiture électrique, notamment les limites des batteries, leur coût de production de même que la construction d’infrastructures de recharge.

M. Tinskey a affirmé que le tournant approche à grands pas. « Il va arriver. Lorsque les voitures ayant une portée de 200 à 300 milles [320 à 480 km] seront perçues comme la nouvelle génération, ça va beaucoup aider parce que toutes les distances pourront être parcourues à partir d’une recharge faite à domicile. »

2 commentaires
  • Brigitte Garneau - Abonnée 15 juin 2016 14 h 36

    EXIT LE PÉTROLE!

    Bienvenue à la voiture électrique à grande autonomie (320 à 480 km)! Est-ce un rêve? Ce beau projet verra-t-il le jour?

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 15 juin 2016 16 h 37

    Pourquoi...

    Ne parlez-vous pas de ADDÉnergie de Shawinigan...
    J'ai vu un reportage à LCN sur le même sujet...fort intéressant.
    Une borne électrique pour maison à 995$...avec un système de repérage de panne.
    Un PDG de chez Nous...Louis Tremblay...co-fondateur de ADD.
    L'usine de fabrication à Shawinian.
    Le seul hic est que leur bureau des ventes est à Mississauga , Ont.

    Pourquoi SONY...et Hydro Québec.
    Prestige de SONY ...et après? On aimerait en savoir plus.