Bénéfice net de 66,4 millions - Quebecor est freiné par son imprimerie

Les résultats de Quebecor sont demeurés affectés par une division imprimerie ne parvenant toujours pas à digérer une importante acquisition, réalisée il y a quatre ans. La contre-performance de Quebecor World, qui a pris la relève des radiations milliardaires dans le secteur média, a donc continué à faire ombrage l'an dernier.

Au cours de l'exercice financier clos le 31 décembre 2003, Quebecor a inscrit des revenus consolidés de 11,22 milliards, en baisse de 7 % sur les 12,06 milliards de 2002. Ce recul est redevable essentiellement au jeu de conversion, en dollars canadiens, de la contribution de Quebecor World. Le bénéfice net de la société holding a été de 66,4 millions, ou de 1,03 $ par action, contre 83,2 millions, ou 1,29 $ l'action, en 2002.

Dans son survol, Quebecor a fait ressortir une diminution de 208,6 millions $US du bénéfice d'exploitation de sa filiale imprimerie entre les deux exercices venant effacer une augmentation de 50,7 millions du bénéfice d'exploitation de Quebecor Média. «Notre priorité vise à redonner à Quebecor World la structure de coûts et la souplesse d'actions nécessaires pour qu'elle contribue de nouveau, dès les premiers signes de raffermissement du marché de l'imprimé, à la rentabilité d'ensemble et à la création de valeur pour les actionnaires», a précisé Pierre Karl Péladeau, dans son communiqué.

Digérer World Color

Le président et chef de la direction de Quebecor avait surpris, l'automne dernier, en déclarant que cette division ne parvenait toujours pas à digérer l'acquisition de l'imprimeur américain World Color, effectuée en 1999, qui avait propulsé Quebecor World au premier rang mondial. Ainsi, malgré un redressement vieux de trois ans maintenant, articulé autour de la fermeture d'une quinzaine d'usines et du licenciement de près de 6000 employés, soit un peu moins de 15 % de ses effectifs, rien n'y fait. La semaine dernière, alors qu'il annonçait l'abolition de près de 900 postes additionnels, le p.-d.g. par intérim, Jean Neveu, faisait état d'une perte de 31 millions $US pour Quebecor World en 2003, contre un bénéfice net de 279 millions $US un an plus tôt.

Le holding doit donc se rabattre sur sa composante média, qui livre la marchandise après les radiations milliardaires imposées aux lendemains de l'achat de Vidéotron au sommet du marché, en 2000. Les radiations comptables ayant découlé de cette acquisition de 5,4 milliards avait forcé Quebecor Média à afficher un déficit accumulé de 2,8 milliards au 31 décembre 2002. Ce déficit était ramené à 2,6 milliards au 31 décembre dernier. Pour la Caisse de dépôt et placement - partenaire de Quebecor dans cette acquisition hostile à hauteur d'une participation de 45 % dans Quebecor Média -, la valeur du placement de 2,9 milliards avait été ramenée à 435 millions.

Au cours de l'exercice 2003, la division qui abrite notamment Vidéotron, TVA et Corporation Sun Media a dégagé des revenus de 2,32 milliards contre 2,28 milliards en 2002, pour une hausse de 1,8 %. Le bénéfice net de Quebecor Média, qui devrait tenter l'aventure boursière cette année, a été de 203,9 millions, comparativement à une perte nette de 229,8 millions. Les résultats de 2002 avaient été affectés par une radiation de l'écart d'acquisition de 187 millions.

Dans son communiqué, Quebecor a fait ressortir la hausse de 3 % des revenus, et de 17 % du bénéfice d'exploitation de Vidéotron, une progression venant de gains d'abonnés dans les services Internet haute vitesse et de télédistribution numérique. L'entreprise a également souligné que 2003 avait marqué la fin du conflit de travail opposant Vidéotron à ses employés. Dans le secteur des journaux, l'augmentation des revenus a été de en ce qui a trait au bénéfice d'exploitation, une hausse de 3 % des revenus publicitaires compensant une baisse de 2 % des revenus de tirage.

Pour le Groupe TVA et sa division de publications Publicor, l'augmentation des revenus a été de 5 % et celle du bénéfice d'exploitation, de 3 %. Quebecor a rappelé «le succès retentissant de l'émission Star Académie, diffusée sur le Réseau TVA du 16 février au 20 avril 2003. L'émission a permis à Quebecor Média de déployer pleinement sa stratégie de convergence et à plusieurs filiales de bénéficier des retombées commerciales de l'événement médiatique.»

L'an dernier, Quebecor Média a effectué des remboursements totaux de dette de 549 millions, venant s'ajouter aux remboursements de 215 millions en 2002. Au bilan, la dette à long terme avait été ramenée de 2,9 milliards à 2,7 milliards entre les deux exercices, alors que la portion à court terme de la dette à long terme s'établissait à 60 millions au 31 décembre dernier, contre 576 millions un an plus tôt. «Les refinancements de Vidéotron et de Corporation Sun Média ont permis d'améliorer la structure de capital de Quebecor Média, de diminuer les exigences combinées de remboursement de dettes bancaires et d'étendre les échéanciers de celle-ci», a ajouté Quebecor.