Pour tenir tête à Morgan Stanley - Brascan bonifie son offre pour Canary Wharf

Londres — Le conglomérat canadien Brascan a bonifié son offre d'achat pour le vaste complexe immobilier Canary Wharf, à Londres, que convoite également le groupe américain Morgan Stanley.

Brascan a fait savoir hier qu'il portait son offre à 275 pences par action, comparativement à 270 pences précédemment. Le conglomérat dit avoir l'appui d'un important actionnaire, ce qui dans les faits vient bloquer l'offre concurrente de Silvestor, un consortium ayant à sa tête Morgan Stanley.

Brascan détient déjà une participation de 9 % dans Canary Wharf, et il possède de plus l'appui du fonds d'investissement américain Franklin Mutual, dont la participation s'établit à 6,8 %. Le promoteur immobilier Paul Reichmann, un Canadien qui fut le fondateur de Canary Wharf, détient une participation de 8,9 % et il se range lui aussi derrière l'offre de Brascan.

L'offre de Silvestor, qui est également de 275 pences par action, doit obtenir l'appui d'au moins 75 % des actionnaires de Canary Wharf. Puisque Brascan récolte déjà 24,7 % des appuis, il apparaît presque certain que Silvestor devra revenir à la charge avec une nouvelle offre s'il espère remporter la mise.

Le plus important actionnaire de Canary Wharf, l'Américain Simon Glick, possède 14,5 % des actions. Même s'il appuie l'offre de Silvestor et de Morgan Stanley, les règlements sur le processus de prise de contrôle lui interdisent de voter.

La bataille que se livrent Brascan et Morgan Stanley risque de s'intensifier au cours des 10 prochains jours, puisque les actionnaires seront appelés à se prononcer sur la question à l'occasion d'une assemblée extraordinaire, le 23 février.

Les deux parties offrent chacune 1,6 milliard de livres (3,97 milliards de dollars) pour ce complexe qui s'étend sur 34,8 hectares et dont les immeubles à bureaux dominent le ciel londonien.

Un projet lancé par Reichman

M. Reichman avait lui-même lancé le projet de Canary Wharf, par le biais de sa société immobilière Olympia and York. Depuis l'effondrement financier de cette société, le complexe de Canary Wharf appartient à un consortium dont font partie M. Reichmann ainsi que le prince Al-Waleed bin Talal bin Abdul-Aziz, neveu du roi d'Arabie Saoudite.

M. Reichman a tenté de racheter le complexe, mais il s'est récemment retiré de la course.

Brascan est l'un des plus importants conglomérats canadiens, qui possède la société minière Noranda (qui contrôle elle-même une autre société minière, Falconbridge), des actifs immobiliers tels que le World Financial Center à New York et la Place BCE à Toronto, la société de courtage immobilier Royal LePage ainsi qu'une quarantaine de centrales électriques.

Brascan a fait savoir hier que ses profits pour l'exercice 2003 avaient quintuplé, atteignant 408 millions, ou 1,98 $ par action, comparativement à 83 millions, ou 21 ¢ par action, en 2002.