Le titre chute en Bourse - La concurrence des génériques rattrape GlaxoSmithKline

Londres - Le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) a chuté en Bourse hier, après avoir reconnu pour la première fois être incapable de répondre à court terme à la concurrence des médicaments génériques qui mine ses ventes.

Évoquant le recul des ventes après l'arrivée sur le marché américain de versions génériques d'un de ses «blockbusters» (médicament dont les ventes dépassent le milliard $US), l'antidépresseur Paxil, GSK a publié des résultats inférieurs aux attentes et averti que ses résultats risquaient de stagner en 2004. Le bénéfice imposable annuel a progressé de 8 %, à 6,72 milliards de livres sterling (près de 17 milliards de dollars), pour un chiffre d'affaires de 21,44 milliards de livres (+5 %). Mais les analystes tablaient sur un résultat supérieur, compris entre sept et 7,17 milliards de livres. En outre, les chiffres du dernier trimestre, très surveillés car indicatifs de la tendance à venir, ont fortement baissé, bien au-delà de la chute attendue par les analystes.

GSK, qui revendique une part de marché de 7 % au niveau mondial, avait jusque-là assuré être capable de résister à la concurrence des génériques. Hier, il a indiqué que les ventes du Paxil avaient chuté de 40 % au quatrième trimestre, à 325 millions de livres. En janvier 2004, les versions génériques représentaient 52 % des ventes du Paxil.

En outre, les ventes de son autre antidépresseur, le Wellbutrin, ont stagné au dernier trimestre (953 millions de livres sur l'année) et le lancement de versions génériques de ce produit «pourrait intervenir d'un moment à l'autre», a prévenu GSK.

Face à la concurrence des génériques, les grands groupes inventent sans cesse de nouveaux médicaments, qui entrent dans un «pipeline» de projets avant le dépôt de leur brevet et leur lancement. Or le «pipeline» de GlaxoSmithKline est considéré comme l'un des plus faibles du secteur, au moins à court terme.

«2004 sera une année de transition», a reconnu le directeur général, le Français Jean-Pierre Garnier, tout en promettant que le groupe «va se transformer extraordinairement».

Le titre a perdu jusqu'à 6 % peu après ces annonces, avant de se redresser légèrement en fin de séance.