Le déficit commercial du Canada a rétréci

Ottawa — Le déficit commercial du pays a rétréci à 2,9 milliards en avril, aidé par la hausse des prix de l’énergie, mais ce résultat était malgré tout inférieur aux attentes des économistes pour le premier mois du deuxième trimestre.

Les exportations ont rebondi, mais pas autant que prévu, a expliqué l’économiste Nick Exarhos, de la Banque CIBC.

« Nous avons eu un rebond, mais c’est un rebond décevant, pour être honnête, a affirmé M. Exarhos. Certains signes de raffermissement pour une partie de la demande pour les exportations canadiennes étaient visibles, mais avec des hausses de volumes de moins de 1 %, je ne crois pas que le mois d’avril sera capable de récupérer tout le terrain perdu par l’économie canadienne en mars. »

Le déficit commercial d’avril se compare à un déficit révisé de 3,2 milliards en mars. Les estimations précédentes de Statistique Canada avaient d’abord évalué le déficit de mars à 3,4 milliards.

Pour avril, les économistes misaient en moyenne sur un déficit de 2,45 milliards, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Le rapport de Statistique Canada sur le commerce faisait suite au dévoilement de moins bonnes données que prévu au sujet de la croissance économique du premier trimestre clos le 31 mars.

Selon l’agence fédérale, le produit intérieur brut (PIB) a avancé de 2,4 % au premier trimestre, en rythme annualisé, mais cette performance n’est attribuable qu’à la vigueur du mois de janvier, puisque les deux suivants ont montré une contraction de l’économie.

À la faiblesse de l’économie au début du deuxième trimestre viendront s’ajouter les difficultés attribuables aux incendies de forêt en Alberta. La Banque du Canada a calculé que ceux-ci retrancheraient 1,25 point de pourcentage à la croissance annualisée du deuxième trimestre, sous-entendant du coup que l’économie se contractera sur la période de trois mois qui se terminera le 30 juin.

Statistique Canada a signalé vendredi que les exportations canadiennes avaient progressé de 1,5 % pour s’établir à 41,8 milliards en avril, période au cours de laquelle les prix ont grimpé de 1,1 % et les volumes ont augmenté de 0,5 %.

Ce gain s’explique principalement par la progression de 7,6 % des exportations de produits énergétiques — un deuxième gain mensuel consécutif — qui se sont chiffrées à 5 milliards.

Selon David Manadi, économiste principal pour le Canada chez Capital Economics, les volumes pourraient diminuer de nouveau en mai en raison des interruptions dans la production de sables bitumineux lors des incendies de forêt du mois dernier.

« Cela pourrait vouloir dire que, dans l’ensemble, les exportations ont en fait reculé le mois dernier », a écrit M. Madani dans une note à ses clients.

En excluant les produits énergétiques, les exportations ont avancé de 0,8 % en avril, a indiqué Statistique Canada.

Les exportations de machines, matériel et pièces ont affiché 2,8 milliards en avril, en hausse de 10,5 %.

De leur côté, les importations ont grimpé de 0,9 %, à 44,7 milliards.

Statistique Canada a souligné la croissance marquée de 52 % des importations d’aéronefs et autres pièces de transport, qui ont atteint un niveau record de 2,2 milliards.

L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis s’est par ailleurs réduit de mars à avril, passant de 1,7 milliard à 1,6 milliard. Avec le reste du monde, le déficit commercial s’est établi à 4,5 milliards, comparativement à 4,9 milliards au mois de mars.

États-Unis

Pour sa part, le déficit commercial des États-Unis s’est aggravé en avril, sous l’effet d’une poussée des importations, mais moins que prévu, selon les données publiées vendredi par le département du Commerce. Le solde chroniquement déficitaire des échanges des États-Unis avec le reste du monde s’est creusé de 5,3 % en un mois pour s’établir à 37,4 milliards $US, en données corrigées des variations saisonnières. Les analystes se montraient bien plus pessimistes et tablaient dans leur prévision médiane sur une poussée du déficit à 41,6 milliards.

Cette contre-performance est toutefois atténuée par la très forte révision à la baisse annoncée par le gouvernement pour le mois de mars : le déficit américain n’a été finalement ce mois-ci que de 35,5 milliards, soit son plus faible niveau depuis plus de deux ans.

Pour avril, le déséquilibre de la balance commerciale américaine tient à une poussée des importations (+2,1 % à 220,2 milliards) plus forte que celle des exportations (+1,4 % à 182,8 milliards). En termes géographiques et en données brutes, le déficit sur les échanges de marchandises avec la Chine a flambé de 16,3 % pour monter à 24,3 milliards, au plus bas depuis deux ans. Le déséquilibre s’est en revanche fortement réduit avec l’Union européenne, avec un déficit en baisse de 9,3 % sur un mois alors que les deux blocs sont engagés dans de très difficiles négociations sur l’accord de libre-échange commercial TTIP.

Avec l’Agence France-Presse