Le PIB du Québec a reculé en février

Le recul du PIB québécois est dû aux pertes observées notamment dans le secteur de l’agriculture, a observé l’Institut de la statistique du Québec.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Le recul du PIB québécois est dû aux pertes observées notamment dans le secteur de l’agriculture, a observé l’Institut de la statistique du Québec.

L’activité économique est demeurée hésitante et volatile d’un mois à l’autre au Québec. La forte poussée du PIB de janvier a été suivie d’un léger recul en février, ramenant la croissance québécoise sous celle du PIB canadien.

Le PIB du Québec a diminué de 0,2 % en février, après une hausse de 0,9 % en janvier et de 0,2 % en décembre 2015. Au cumul, après deux premiers mois, le PIB progresse de 1,4 % par rapport aux mêmes mois de 2015, a souligné l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). En comparaison, le PIB canadien a fléchi de 0,1 % en février, l’augmentation des deux premiers mois étant ramenée à 1,5 %.

Le recul de février traduit une diminution de 0,6 % observée dans les industries productrices de biens, après une augmentation de 1,3 % en janvier et de 0,6 % en décembre. Dans les services, l’activité est demeurée stable en février.

Plus précisément, l’ISQ ajoute que la baisse est essentiellement dû aux pertes observées dans les secteurs de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse (-1,7 %), de la construction (-2 %) et de la fabrication (-1,5 %). « En revanche, l’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz (+6,5 %) et les services publics (+3,4 %) ont augmenté leur production », a renchéri l’agence québécoise de statistiques.

Dans la fabrication, le repli de février fait suite à trois hausses mensuelles consécutives (+1,2 % en janvier 2016, +1,7 % en décembre 2015 et +0,4 % en novembre). En outre, 13 industries de la fabrication sur 19 affichent une diminution de leur production en février, ajoute l’ISQ.

Analyse

Marc Pinsonneault, économiste principal à la Banque Nationale, n’est pas surpris par cette nouvelle donne. « Après le bond d’une ampleur rarissime en janvier, les indicateurs laissaient présager un repli en février. » Il a estimé que la croissance devrait demeurer forte au premier trimestre, la croissance annualisée après deux mois étant de 3,6 % par rapport au quatrième trimestre de 2015, comparativement à 3,2 % au Canada. « Le secteur manufacturier affiche notamment une bonne progression jusqu’ici au premier trimestre, a ajouté l’analyste. Il n’y a donc pas lieu de remettre en question pour le moment notre prévision d’une croissance économique en 2016 supérieure à celle connue en 2015 (1,1 %), pour autant que les exportations progressent et que les investissements des entreprises se stabilisent. »

La lecture faite par l’économiste principale au Mouvement Desjardins, Hélène Bégin, va dans le même sens. « Somme toute, l’année 2016 démarre sur une note positive. Même si une seconde baisse du PIB réel survient en mars, le rythme du premier trimestre de 2016 pourrait avoisiner les 3 % sur une base annualisée. […] La hausse cumulative des deux premiers mois de l’année, qui se chiffre à 1,4 %, par rapport à la même période l’an dernier, rejoint assez bien notre prévision de 1,3 % pour 2016 », a-t-elle mis en exergue.