Après avoir amélioré ses résultats pour une quatrième année consécutive - Agropur a l'oeil sur certains actifs de Parmalat

Agropur avoue son intérêt pour «certains actifs de Parmalat, principalement dans l'Ouest canadien et un peu aux États-Unis», mais refuse d'en dire davantage, sachant fort bien que des concurrents ont aussi un oeil sur des morceaux ou sur l'ensemble de cette firme italienne mal en point. En outre, la coopérative attend que le syndic ait réussi à mieux voir clair dans ce dossier complexe avant d'établir sa stratégie définitive à cet égard.

Hier à Québec, Agropur, la coopérative laitière la plus importante au Canada, tenait sa 65e assemblée annuelle. Le président Serge Riendeau et le nouveau chef de la direction, Pierre Claprood, s'en sont tenus à déclarer qu'Agropur est en excellente santé financière et qu'elle prend les moyens pour adapter ses outils financiers en vue de maintenir une capitalisation pour mieux se positionner face aux entreprises traditionnelles, lesquelles ont plus facilement accès aux capitaux publics.

À l'heure actuelle, assure M. Claprood, Agropur pourrait avoir de 300 à 500 millions si elle en avait besoin pour faire une acquisition. L'avoir des sociétaires dépasse 330 millions et la coopérative n'a pas de dette significative. En 2003, sur un chiffre d'affaires de 1,9 milliard, Agropur a dégagé des excédents d'exploitation de 93,5 millions, en hausse de 25 % par rapport à 2002. L'excédent avant ristournes et impôts a été de 90,7 millions, en hausse de 22 %.

Les ristournes aux membres ont totalisé 60 millions, dont 75 % payables par l'émission de parts de placement, ce qui est une façon d'ajouter à la capitalisation. M. Riendeau souligne cependant qu'en 2003, la coopérative a racheté du capital de ses membres pour une valeur de 26,9 millions. En début d'année, les 4358 sociétaires d'Agropur ont pris la décision de maintenir la formule coopérative. La direction leur avait proposé de réfléchir à la solution capitaliste, ce qui aurait été une façon d'avoir accès beaucoup plus facilement au marché des capitaux. De plus, en 2002, le gouvernement Landry avait accordé une mesure fiscale de report de l'imposition d'une ristourne payée en parts de placement, mais le gouvernement Charest a imposé un moratoire sur cette mesure.

Quoi qu'il en soit, Agropur a amélioré ses résultats pour une quatrième année consécutive. Ses fonds générés par l'exploitation l'an passé ont été de 128 millions, en hausse de 18,6 millions. Les investissements au cours de l'exercice ont été de 28 millions.

Mise en marché du lait

Par ailleurs, les négociations se poursuivent pour l'adoption d'une nouvelle convention de mise en marché du lait, dont la nécessité est apparue de façon criante en fin d'année alors que la Fédération des producteurs de lait et ses membres ont menacé de jeter aux égouts des milliers de litres de lait du temps des Fêtes. Les usines qui donnaient congé à leurs employés refusaient d'accepter ce lait.

Finalement, c'est Agropur, avec l'accord du ministère de l'Environnement, qui a trouvé une solution temporaire en maintenant ouverte six mois de plus son usine de Saint-Alexandre. M. Riendeau réitère que l'avenir de cette usine dépend de l'accord qui interviendra ou pas au sujet de la convention. Agropur pense que cette usine pourrait servir de tampon dans les fluctuations de volumes dans le lait, mais il lui faut d'abord des partenaires. En décembre, M. Riendeau a invité la fédération à devenir partenaire d'Agropur. Hier, il ajoutait qu'il était également ouvert à l'idée d'accueillir d'autres partenaires, même des groupes de transformation rivaux.