L’entreprise privée gagne du terrain à Cuba

Les documents sur la légalisation des PME ont été adoptés lors du congrès du Parti communiste de Cuba, le mois dernier.
Photo: Omara Garcia Mederos / ACN / Agence France-Presse Les documents sur la légalisation des PME ont été adoptés lors du congrès du Parti communiste de Cuba, le mois dernier.

La Havane — Le gouvernement cubain a annoncé mardi la légalisation des petites et moyennes entreprises privées, ce qui pourrait accorder nettement plus d’espace à l’entrepreneuriat privé au sein d’un des derniers régimes communistes de la planète.

Le gouvernement ne tolérait jusqu’à présent que les entreprises privées de travailleurs autonomes dans des centaines de catégories prédéterminées, comme la coiffure ou la restauration. Plusieurs de ces travailleurs sont devenus, dans les faits, des entrepreneurs qui embauchent d’autres Cubains.

Les plaintes se multipliaient toutefois concernant l’exploitation d’entreprises au sein d’un régime qui ne les reconnaît pas. Des bureaucrates de bas niveau sévissaient contre les entrepreneurs qui contrevenaient apparemment à des règles archaïques concernant le travail autonome.

Des documents du Parti communiste dévoilés mardi révèlent qu’une catégorie de PME ou d’entreprises « micro » est ajoutée au plan directeur du parti en matière de développement social et économique, et qui a été approuvé le mois dernier lors du congrès du Parti communiste de Cuba. Cette rencontre détermine l’orientation du pays pour les cinq années suivantes.

Le document explique que les trois catégories d’entreprises (micro, petite et moyenne) seront reconnues en tant qu’entités légales distinctes de leurs propriétaires, ce qui implique un niveau de protection qui n’était jusqu’à présent pas offert aux travailleurs autonomes.

Les réformes mises en place par Raúl Castro après son ascension à la présidence en 2008 ont permis à environ 500 000 Cubains de se trouver du boulot dans le secteur privé, en dépit des contraintes importantes imposées au travail autonome. Les nouvelles catégories pourraient multiplier le nombre d’emplois dans le secteur privé, mais les réformes de M. Castro sont lentes et souvent freinées par des reculs.

Le document de 32 pages lève pour la première fois le voile sur les échanges lors du congrès, qui était interdit au public et aux médias étrangers et dont la presse locale n’a pratiquement fait aucune mention.

Les changements annoncés mardi n’entreront possiblement pas en vigueur avant plusieurs mois, puisqu’ils devront probablement être entérinés lors de la prochaine rencontre de l’Assemblée nationale, au mois d’août.