Toronto et New York commencent la semaine en hausse

Toronto — La crainte de voir la production de brut diminuer au Nigeria a fait grimper les prix du pétrole, lundi, et soutenu la Bourse de Toronto.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a avancé de 1%, bondissant de 144,91 points à 13 893,49 points, pendant que le prix de référence du pétrole atteignait un sommet de six mois à 47,72 $US le baril, en hausse de 1,51 $US. Tous les secteurs du TSX ont avancé lundi, ceux des métaux et minerais et de l’énergie en ayant le plus profité, avec des gains respectifs de 3,6 % et 2,9 %.

Les problèmes de production du Nigeria se sont ajoutés aux réductions annoncées par les producteurs de sables pétrolifères de l’Alberta, dans la foulée des incendies de forêt qui ont ravagé la région de Fort McMurray. Les interruptions temporaires dans ces deux régions du monde ont aidé à réduire l’offre excédentaire mondiale de pétrole, ce qui a fait grimper le cours du pétrole.

Outre ces inquiétudes, les prix du brut ont obtenu un coup de pouce des prévisions des analystes de la banque d’investissement Goldman Sachs, qui ont estimé que le marché du pétrole était passé d’une situation d’offre excédentaire à un déficit bien plus rapidement que prévu. Goldman Sachs prévoit maintenant que le prix du West Texas Intermediate grimpera jusqu’à 50 $US le baril dans la deuxième moitié de l’année. La banque avait prédit plus tôt que le baril pourrait glisser en deçà de la barre des 20 $US en raison de l’offre excédentaire et de la faiblesse de la demande.

Le dollar canadien, toujours sensible aux variations du prix du pétrole, s’est apprécié lundi de 23 centièmes à 77,54 ¢US.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du lingot d’or a pris 1,50 $US à 1274,20 $US l’once, tandis que le prix du cuivre s’est apprécié de 2 cents US à 2,09 $ US la livre.

À New York, malgré une actualité mitigée, Wall Street a nettement monté lundi, les investisseurs repassant à l’achat après une période morose en tirant notamment profit d’une hausse des cours pétroliers: le Dow Jones a pris 1 % et le Nasdaq 1,2 %. Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a gagné 175,39 points à 17 710,71 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 57,78 points à 4775,46 points. L’indice élargi S&P 500 a avancé de 19,92 points, soit 1 %, à 2066,53 points.

« Les investisseurs enclenchent un rebond après une baisse excessive », a estimé Art Hogan, de Wunderlich Securities, s’étonnant de l’ampleur du repli des indices lors des dernières semaines. Après s’être approchée de niveaux sans précédent le mois dernier, Wall Street a perdu du terrain début mai. Mais, en fin de semaine dernière, certains observateurs avaient déjà prévenu que la place financière pourrait profiter avec un peu de retard d’un bon chiffre publié vendredi sur les ventes américaines de détail, témoin de la consommation.

Qui plus est, « c’est un signe encourageant de voir le marché pétrolier en train de se stabiliser », a observé Bill Lynch, de Hinsdale Associates, en référence à une nouvelle hausse des cours de l’or noir lundi. Le marché pétrolier se trouve au plus haut depuis novembre, sur fonds d’espoir d’un rééquilibrage entre l’offre et la demande.

À cela s’ajoutent une série d’accords de fusions et acquisitions « et un petit affaiblissement du dollar, favorable aux multinationales et exportateurs américains », a conclu M. Hogan, évoquant autant d’encouragements pour la Bourse. Dans ce contexte, les investisseurs ont ignoré un chiffre décevant sur l’activité industrielle de la région de New York, qui s’est contractée ce mois-ci, et, au-delà des Etats-Unis, des statistiques peu engageantes sur l’économie chinoise.

Le marché obligataire reculait. Le rendement des bons du Trésor à dix ans montait à 1,750 % contre 1,700 % vendredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,592 % contre 2,550 % auparavant.

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