Crise chez Hollinger - Conrad Black devra témoigner

Toronto — Le magnat de la presse Conrad Black devrait témoigner devant un tribunal du Delaware la semaine prochaine, dans un procès qui pourrait être déterminant pour l'avenir de son empire Hollinger.

Le procès devant la Cour de chancellerie du Delaware doit durer trois jours, du 18 au 20 février, dans la ville de Wilmington. Le juge Leo Strine sera appelé à trancher sur quelques points litigieux parmi les plus importants dans la bataille qui oppose présentement la société de portefeuille que contrôle M. Black, Hollinger, à sa filiale Hollinger International, propriétaire de quotidiens tels que le Daily Telegraph de Londres, le Chicago Sun-Times et le Jerusalem Post.

Même si la liste des témoins qui seront appelés à la barre ne sera rendue publique que plus tard cette semaine, un porte-parole de M. Black a indiqué lundi qu'il sera présent à ces audiences pour y témoigner.

La Cour de chancellerie du Delaware, qui se spécialise dans le droit des sociétés, hérite de ce dossier parce que Hollinger International est enregistrée dans cet État. D'autres poursuites dans cette saga ont également été inscrites à Chicago, où Hollinger International a son siège social, ainsi qu'à la Cour supérieure de l'Ontario, où se trouvent les bureaux de Hollinger Inc.

Points cruciaux

Le tribunal du Delaware abordera certains points cruciaux dans la bataille judiciaire que se livrent les deux groupes. Il devra notamment décider si Hollinger Inc., qui détient 73 % des droits de vote de Hollinger International mais seulement 30 % de ses actions, a le droit de modifier unilatéralement les règlements de sa filiale.

M. Black a modifié ces règlements de façon à pouvoir dissoudre un comité qui avait été chargé par le conseil d'administration de Hollinger International d'analyser la vente proposée de Hollinger Inc. à Press Holdings International, un groupe britannique. Ces modifications accordaient aussi à M. Black un veto sur toute décision importante de la part du conseil de Hollinger International.

Le juge Strine devra également se prononcer sur la validité d'une pilule empoisonnée mise en place par les membres indépendants du conseil de Hollinger International et qui empêcherait la prise de contrôle par les frères David et Frederick Barclay, propriétaires de Press Holdings.

D'autre part, le tribunal du Delaware devra décider s'il y a eu non-respect de la part de M. Black d'une entente qu'il avait signée en novembre dernier et dans laquelle il s'engageait à rembourser à Hollinger International sept millions $US en paiements qu'il aurait reçus sans l'autorisation du conseil d'administration. M. Black s'engageait également, dans le cadre de cette entente, à ne pas vendre Hollinger. M. Black prétend maintenant qu'il n'est pas tenu de respecter cette entente parce qu'il l'a signée sur la base de fausses informations.

Les deux parties ont demandé au juge de procéder avec célérité dans cette affaire, espérant un jugement d'ici le 27 février. Un jugement rapide permettrait de clarifier certains points importants avant l'expiration, le 3 mars, de l'offre publique d'achat faite par Press Holdings aux actionnaires minoritaires de Hollinger.