Les analystes se méfient toujours de Bombardier

Les firmes de courtage continuent à se méfier du titre de Bombardier, et ce, même si l'entreprise vient d'annoncer la vente de 12 biréacteurs régionaux à un transporteur de l'Utah pour 390 millions de dollars.

Dans une analyse rendue publique hier, Cameron Doerksen, de la firme Dlouhy Merchant, souligne que la multinationale québécoise a amélioré ses marges bénéficiaires grâce aux mesures de réductions des coûts. Il accole toutefois au titre de Bombardier une recommandation de «vendre», plutôt que de «conserver», en raison de ses inquiétudes quant au marché des biréacteurs régionaux.

M. Doerksen souligne que certains des clients de Bombardier demeurent vulnérables, notamment le transporteur américain US Airways. Il estime de plus que l'appréciation du dollar canadien réduit les profits réalisés sur la vente de jets régionaux fabriqués au Canada et vendus à l'extérieur.

M. Doerksen considère également que le chef de la direction, Paul Tellier, risque de se buter à des obstacles pour la mise en oeuvre de son plan de rationalisation de la division européenne des transports sur rails. «Puisque de nombreux gouvernements européens sont aussi des clients de Bombardier, il y aura sans doute des obstacles politiques à la fermeture d'usines», affirme M. Doerksen.

Même si l'action de Bombardier se transigeait hier à son niveau le plus élevé en 52 semaines, à 6,92 $, des analystes croient que le titre ne fait que surfer sur la vague de Nortel.

M. Doerksen a fixé son cours cible sur un horizon de 12 mois à 5,60 $. Steve Laciak, de la Financière Banque Nationale, est encore plus pessimiste et croit que l'action ne vaudra que 3,25 $. Quant à la firme TD Newcrest, elle a majoré son cours cible, le faisant passer de 4,75 $ à 6,75 $.

Bombardier a fait savoir, hier, que le transporteur SkyWest Airlines, de l'Utah, a passé une commande ferme pour 10 biréacteurs régionaux CRJ200 de 50 places et deux autres CRJ700 de 70 places. SkyWest a maintenant passé des commandes fermes pour 32 CRJ700, en plus de détenir des options pour 39 CRJ200 et 80 autres CRJ700.

Code d'éthique

D'autre part, un homme d'affaires de Los Angeles et ex-membre du Congrès américain, Michael Huffington, qui dit négocier depuis des années pour l'achat d'un avion Global Express de Bombardier, lance une campagne pour que la compagnie adopte un «Code d'éthique et de satisfaction du client». Ce document obligerait la compagnie «à transiger en tout temps avec honnêteté, à honorer ses contrats et engagements, à traiter sa clientèle avec honnêteté, franchise et respect et à s'assurer que sa clientèle obtienne en tout temps, de l'information véridique et complète dans un délai raisonnable».

De l'avis de M. Huffington, le déclin des ventes d'avions d'affaires de Bombardier depuis quelques années serait en partie attribuable à la mauvaise réputation de la société pour le service à la clientèle.

Sa proposition a été accueillie avec un grain de sel au siège social de l'avionneur québécois. «Pour nous, c'est la base des affaires; les entreprises qui n'agissent pas conformément à ces principes doivent avoir du mal à survivre», a déclaré la porte-parole Dominique Dionne. Bombardier se dit «en désaccord complet» avec l'ancien politicien américain mais si elle se qualifie, sa résolution pourra néanmoins être inscrite dans la circulaire de procuration transmise aux actionnaires, en vue de l'assemblée annuelle.