Charles Sirois poursuit le Globe and Mail

Charles Sirois et son ex-épouse réclament un total de 385 000 $ en guise de réparation et de dommages exemplaires. Ils réclament également la publication d’un texte d’excuses ou encore du jugement de la cour leur donnant raison.
Photo: Jacques Grenier Charles Sirois et son ex-épouse réclament un total de 385 000 $ en guise de réparation et de dommages exemplaires. Ils réclament également la publication d’un texte d’excuses ou encore du jugement de la cour leur donnant raison.

L'homme d'affaires Charles Sirois et son ex-épouse ont déposé hier une poursuite de 385 000 $ contre le quotidien Globe and Mail, l'un de ses journalistes, et l'agence Presse canadienne pour avoir dévoilé les détails financiers de leur divorce.

«De toute évidence, les informations publiées étaient éminemment confidentielles et relèvent directement de la vie privée des demandeurs», invoque la requête présentée au palais de justice de Montréal. Il n'y avait aucun motif, y fait valoir l'avocat Gérald Tremblay de la firme McCarthy Tétrault, pour justifier que ses clients n'aient pas droit au respect des règles de huis clos et de protection de la vie privée qui s'appliquent en la matière, à moins bien sûr qu'ils n'en donnent la permission. «Les défendeurs n'ont même jamais tenté d'obtenir ce consentement», affirme la plainte.

Des détails

Publié le 13 septembre dernier, l'article du journaliste du Globe and Mail Bertrand Marotte exposait, dans le menu détail, les termes du récent jugement de divorce de Charles Sirois et Thérèse Dallaire et des arrangements financiers qui l'accompagnaient. On y apprenait, notamment, le montant de la pension devant être versée à Mme Dallaire, ainsi que les immeubles et autres biens devant lui être cédés ou rachetés par son ex-conjoint dont elle vivait séparée depuis 10 ans.

Tout de suite relayée par l'agence Presse canadienne, la nouvelle allait rapidement être reprise par de nombreux quotidiens québécois, suscitant au passage les commentaires amusés ou acerbes d'animateurs de radio, dont ceux de la station CHOI de Québec, André Arthur et Jeff Filion.

«Les demandeurs, leurs enfants et les membres de leur famille ont fait l'objet de commentaires qui les ont blessés et ils se sont sentis exposés aux yeux du public», dit la poursuite. Depuis cette histoire, ajoute-t-on, «Mme Dallaire a dû subir de nombreuses visites inopportunes à sa propriété privée par des curieux [et elle] a souvent été montrée du doigt au sein de la communauté où elle réside.»

Aussi, Charles Sirois réclame-t-il aux trois défendeurs un total de 205 000 $, et Thérèse Dallaire 180 000 $, en guise de réparation pour les atteintes à leur vie privée et à leur réputation, pour les dommages moraux subis, ainsi qu'en guise de dommages exemplaires. Ils réclament également la publication par le quotidien torontois, et la diffusion par l'agence de presse, d'un texte d'excuses ou encore du jugement de la cour condamnant leurs agissements.

Longtemps considéré comme un visionnaire dans le domaine des télécommunications, Charles Sirois, 59 ans, dirige aujourd'hui le holding Télésystème par l'entremise duquel il détient des intérêts dans différentes entreprises dans le domaine. P.-d.g.de Teleglobe, lors de son rachat par le géant BCE il y a trois ans, Charles Sirois en avait profité pour convertir sa participation de 8 % dans l'entreprise en actions de BCE d'une valeur estimée alors à 800 millions.