Immigrants Investisseurs: mesure d'un succès

Mis sur pied en 1986, le Programme Immigrants Investisseurs connaît un vif succès que vient de mesurer l'économiste Pierre Fortin. Si le bilan est favorable, avec un Québec recevant plus que sa quote-part des investissements, il ressort toutefois que le taux de rétention des individus est loin de suivre celui des capitaux. Des recommandations sont formulées pour que ce contraste soit atténué, dans un environnement où la concurrence se veut grandissante.

D'entrée de jeu, l'Association des intermédiaires financiers du programme Immigrants investisseurs du Québec exhorte le gouvernement québécois à maintenir ce programme. Dans le mémoire qu'elle doit présenter aujourd'hui à la commission de la culture de l'Assemblée nationale, l'Association illustre ainsi les retombées de ce programme. «L'un des beaux exemples de succès d'un immigrant fortuné ayant choisi le Canada est le père de Victor Li. Si cet homme avait choisi l'Australie comme terre d'adoption, son fils aurait sûrement choisi d'investir dans la compagnie aérienne Quantas. Canadien, Victor Li a participé au sauvetage d'Air Canada.»

L'Association, mise sur pied en 2001, représente les intérêts des firmes de courtage et des sociétés de fiducie autorisées par le gouvernement à promouvoir ce programme. Son mémoire s'inscrit dans la consultation publique sur la planification de l'immigration au Québec pour la période 2005-07.

Retombées importantes

L'Association estime que ce programme a permis la création de 8000 nouveaux emplois au Québec et qu'il a généré des investissements de quatre milliards depuis sa mise sur pied. S'inspirant des conclusions d'une étude préparée par l'économiste Pierre Fortin, de l'UQAM, on met également en exergue des retombées directes importantes pour le gouvernement québécois, soit un revenu net annuel de 24,5 millions. «Le programme crée annuellement environ 1100 nouveaux emplois, hausse le revenu intérieur du Québec de 85 millions et engendre 13 millions de revenus fiscaux supplémentaires pour le gouvernement du Québec», a ajouté Pierre Fortin.

On rappelle que la version québécoise du programme, administrée par une filiale d'Investissements Québec, s'est rapidement différenciée de sa version canadienne avec, notamment, l'octroi d'une aide financière aux entreprises québécoises en lieu et place d'un prêt à taux réduit. Pour être admissible, le ressortissant étranger doit disposer d'un avoir net d'au moins 800 000 $, démontrer une expérience de gestion d'au moins trois ans et effectuer un placement de 400 000 $ dans une PME québécoise pour une période de cinq ans.

«Depuis la création du programme en 1986, le Québec a attiré plus de 46 % des fonds souscrits par les immigrants alors que moins de 20 % des immigrants investisseurs se sont établis au Québec», a fait ressortir l'Association. Elle lance aussi que «l'immigrant investisseur est très recherché par plusieurs pays, car il contribue à la croissance économique de sa nouvelle terre d'adoption. Les pays tentent de l'attirer, non seulement pour ses qualités financières, mais aussi pour le niveau élevé d'éducation de ses enfants».

D'où cette série de recommandations dans le mémoire invitant le gouvernement du Québec à maintenir ce programme et à le renforcer de manière à contrer la concurrence de plus en plus vive d'autres pays et à accroître le taux de rétention de l'individu.