L’OACI se prépare à une forte hausse du trafic

En février dernier, le secteur de l’aviation civile s’engageait sur la voie de l’adoption de normes d’émission de CO2, avec la conclusion d’un accord applicable dès 2020 pour les nouveaux modèles d’appareils.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir En février dernier, le secteur de l’aviation civile s’engageait sur la voie de l’adoption de normes d’émission de CO2, avec la conclusion d’un accord applicable dès 2020 pour les nouveaux modèles d’appareils.

La forte croissance attendue dans le secteur aérien retient toute l’attention de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Pression sur les infrastructures, sécurité, besoin en main-d’oeuvre et changements climatiques, l’agenda de la prochaine assemblée sera chargé de questions-clés.

Profitant de la visite de consuls, jeudi, le président du conseil de l’OACI, Olumuyiwa Benard Aliu, a rappelé les grands enjeux qui s’imposent dans l’industrie et qui composeront l’ordre du jour de la prochaine assemblée, en septembre. Au cours de cette rencontre, « les 191 États membres de l’institution onusienne seront invités à convenir de stratégies pour résoudre des questions clés, concernant entre autres le changement climatique », a-t-il dit.

L’OACI a rappelé que « selon les prévisions, le nombre de vols et de passagers de l’aviation civile doublera d’ici 2030, ce qui représente 60 millions de vols et plus de 6 milliards de passagers par an. Il est donc essentiel de veiller à ce que l’industrie dispose d’infrastructures et de main-d’oeuvre qualifiée suffisantes pour gérer et traiter ce trafic croissant en assurant de bonnes conditions de sécurité, de sûreté et d’efficacité. La croissance prévue sous-entend que l’aviation contribuera encore davantage à l’économie mondiale, mais elle doit le faire en tenant dûment compte de la réduction des émissions et de l’atténuation du changement climatique. L’ordre du jour de la session de notre Assemblée comprend donc des mesures cruciales pour le contrôle et la limitation des émissions de l’aviation », a souligné M. Aliu.

Sur cette dernière question, il a réitéré que « le monde de l’après-COP21 mettra l’accent sur les mesures mondiales basées sur le marché, que nous proposerons. Ainsi, l’aviation deviendra la première grande industrie à prendre ce type d’engagement ».

En février dernier, le secteur de l’aviation civile s’engageait sur la voie de l’adoption de normes d’émission de CO2, avec la conclusion d’un accord applicable dès 2020 pour les nouveaux modèles d’appareils. La nouvelle norme d’émission, qui dépend du poids de l’appareil, s’appliquera aux nouveaux modèles lancés en production à partir de 2020, et aux nouvelles livraisons dès 2023. Les experts ont également recommandé une date de fin de production pour les avions qui ne se conforment pas à la norme à partir de 2028.

« Dans l’esprit de l’accord de Paris sur le climat, cette nouvelle norme sera un élément essentiel de la contribution du secteur de l’aviation civile à la réduction des émissions de CO2. Elle devra être complétée par un mécanisme de compensation des émissions, que l’OACI doit adopter en septembre 2016, lors de son assemblée triennale », avait souligné Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères.

IATA et ADM

Dans la foulée, l’Association du transport aérien international (IATA) publiait jeudi les statistiques pour mars faisant ressortir une hausse de 5,3 % de la demande mondiale par rapport à mars 2015. La capacité a augmenté de 5,9 %, abaissant le coefficient d’occupation à 79,6 %. Toutefois, « les résultats de mars révèlent un ralentissement modéré par rapport au taux de croissance en glissement annuel enregistré en janvier (7,1 %) et en février (8,6 %) », a précisé l’IATA.

Le trafic international a crû de 6,2 % entre les mois de mars 2015 et 2016, celui du trafic intérieur a augmenté de 3,7 %, soit en net recul par rapport à la progression de 7,8 % enregistrée en février. Chez les transporteurs d’Amérique du Nord, le trafic a augmenté de seulement 0,7 %, soit le taux le plus faible depuis avril 2013.

Pour sa part, en dévoilant jeudi ses résultats financiers du premier trimestre clos le 31 mars 2016, Aéroports de Montréal (ADM) a souligné que le nombre de passagers à Montréal-Trudeau a établi une nouvelle marque à 3,9 millions, une hausse de 5 % par rapport au trimestre correspondant de 2015 s’appuyant sur les trois grands segments : le domestique (+6,1 % du trafic passagers), le transfrontalier (+5,7 %) et l’international (+3,7 %).