Lancement d'un nouvel appareil - Embraer pourrait faire mal à Bombardier

São Jose Dos Campos — L'avionneur brésilien Embraer a procédé hier au lancement d'un nouvel avion à réaction régional de 100 places, l'Embraer 190. Selon des analystes, ce nouvel appareil, conçu et mis au point au coût de 850 millions $US, pourrait faire mal à Bombardier.

La première livraison de l'avion, d'une valeur de 30 millions, est prévue l'an prochain. Le transporteur américain JetBlue Airways a passé une commande de 100 avions de ce modèle de 70 sièges afin d'accroître sa présence aux États-Unis.

La société Embraer est le quatrième fabricant d'avions au monde, tout juste derrière la société québécoise Bombardier. Air Canada a annoncé récemment son intention de partager à parts égales une commande entre ces deux entreprises.

Les transporteurs aimeraient l'Embraer 190 parce que ses coûts d'exploitation sont 10 % inférieurs aux modèles plus gros d'Airbus et de Boeing, les plus importants fabricants mondiaux.

Un avantage sur Bombardier

Selon des observateurs, le nouveau modèle d'Embraer pourrait donner au fabricant brésilien une supériorité sur Bombardier. «Un des plus gros avantages de l'Embraer 190 est la taille de sa cabine par rapport à celle de Bombardier», a indiqué Richard Aboulafia, un analyste de la firme américaine Teal Group. Selon M. Aboulafia, voler sur un avion de Bombardier «est comme voler dans un crayon». Toutefois, ajoute-t-il, les fuselages plus étroits de l'appareil canadien permettent d'économiser sur les coûts d'exploitation.

L'Embraer 190 pourra aussi compter 108 sièges de passager. Le chef de la direction de JetBlue, David Neeleman, a dit que son entreprise n'avait pas l'intention d'acquérir des avions comptant plus de 100 sièges parce que les passagers n'aiment pas se sentir trop serrés. «Le confort est une chose très importante dans le marché américain», a-t-il souligné.

Embraer vise surtout le marché américain mais les plus importants transporteurs de ce pays devront convaincre les syndicats de pilotes de renoncer aux clauses de leurs conventions collectives leur donnant la garantie de pouvoir voler sur des plus gros appareils, a soutenu M. Aboulafia.

Assistant au lancement, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré que le nouveau modèle d'Embraer prouvait que le Brésil «n'était pas seulement un exportateur de produits agricoles et de matières premières».

«Nous croyons pouvoir fabriquer des avions aussi bien que n'importe qui dans le monde», a ajouté M. Silva.