Carl Icahn largue Apple, entraînant la chute de Wall Street

New York — Wall Street a fini en nette baisse jeudi, l’optimisme suscité par de bons résultats et une série de fusions ayant été brusquement éteint par les mises en garde de l’investisseur activiste Carl Icahn : le Dow Jones et le Nasdaq ont perdu 1,2 %.

Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a reculé de 210,79 points à 17 830,76 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 57,85 points à 4805,29 points. Très suivi par les investisseurs, l’indice élargi S P 500 a perdu 19,34 points, soit 0,9 %, à 2075,81 points.

Le marché, qui tentait une remontée en dépit de la déception provoquée durant la nuit par l’immobilisme de la Banque du Japon, a brutalement cédé en début d’après-midi, notamment au Nasdaq, après que Carl Icahn eut annoncé sur la chaîne de télévision CNBC qu’il avait vendu toutes ses actions Apple (-3,1 %). « Icahn est venu dire qu’il avait vendu toute sa participation [dans Apple] et cela a déstabilisé le marché, Google, qui était en hausse, est parti en baisse », avec une contagion parmi la plupart des valeurs du Nasdaq, a expliqué Mace Blicksilver, chez Marblehead Asset Management.

M. Icahn a expliqué qu’il avait vendu ses titres Apple, parce que cela lui permettait d’empocher de confortables bénéfices, mais aussi parce « la Chine jette une ombre » sur ses perspectives. D’une façon plus générale, M. Icahn a indiqué qu’il était « toujours très prudent » face au marché boursier, craignant que d’éventuels taux d’intérêt négatifs puissent créer des bulles spéculatives, et plaidant plutôt pour des mesures de relance budgétaire.

Outre ces déclarations, M. Blicksilver a estimé que les indices pouvaient être victimes d’arbitrages de fin de mois, « vu qu’on a eu une grosse remontée depuis la mi-février ».

À la mi-journée, pourtant, une clôture en hausse avait semblé à portée de main. « Des signaux poussant à la hausse donnés par des résultats depuis hier soir et l’activité de fusions-acquisitions gardent intacte la tendance haussière du marché », avait déclaré Michael James, chez Wedbush Securities.

Certes, le chiffre sur le PIB des États-Unis au premier trimestre a confirmé la mollesse de la croissance avec une progression de juste 0,5 %, un peu inférieure aux attentes des économistes. Mais « ce n’était pas une grande surprise », et le marché a pu facilement passer outre, a expliqué M. James.

À Toronto, l’indice composé S P/TSX a cédé 1,23 point à 13 886,43 points. Le dollar canadien a poursuivi sa récente reprise, gagnant 44 centièmes à 79,69 ¢ US, après avoir touché en cours de séance un sommet de 79,90 ¢ US. La devise canadienne connaît une période de croissance grâce à la récente reprise des prix du pétrole brut et à la faiblesse du dollar américain, à la lumière de nouvelles indications permettant de croire que la Réserve fédérale des États-Unis n’est pas pressée d’augmenter ses taux d’intérêt.

À la Bourse des matières premières de New York, le prix du pétrole brut a avancé de 70 ¢ US à 46,03 $US le baril.