VW retient une partie des primes de ses dirigeants

Le constructeur allemand Volkswagen a été ébranlé fin 2015 par le scandale des moteurs diesel truqués.
Photo: Oliver Killig / DPA / Agence France-Presse Le constructeur allemand Volkswagen a été ébranlé fin 2015 par le scandale des moteurs diesel truqués.

Berlin — Le conseil de surveillance du géant de l’automobile allemand Volkswagen a décidé vendredi de geler 30 % des primes des neuf membres de son directoire pour 2015, susceptibles d’être versées dans trois ans si la performance boursière est au rendez-vous.

Cette décision, annoncée par Stephan Weil, membre du conseil de surveillance, à l’issue d’une réunion de celui-ci, fait suite à un débat acharné. Certains au sein de l’organe de contrôle plaidaient pour une coupe draconienne dans ces rémunérations variables de plusieurs millions d’euros par personne, le groupe faisant face aux répercussions du scandale des moteurs truqués.

Ainsi « 30 % de la rémunération variable, ce qui correspond plus ou moins [pour chacun] à un million d’euros, sera retenu », a expliqué Stephan Weil, le chef du gouvernement de la région de Basse-Saxe, actionnaire de Volkswagen, évoquant « un effort particulier » au regard de la situation. Cette partie gelée des primes pourra être versée en 2018, si le cours de l’action a entre-temps augmenté de 25 %, a-t-il ajouté.

Le membre du conseil de surveillance, qui s’exprimait aux côtés du président, Hans-Dieter Pötsch, et du patron de Volkswagen, Matthias Müller, a par ailleurs souligné que mathématiquement, l’enveloppe des primes, calculées sur la base des performances financières non pas d’une seule année mais de plusieurs, était « nettement réduite », étant donné la débâcle financière de 2015.

Obligé d’inscrire plus de 16 milliards d’euros de provisions pour faire face aux répercussions financières, commerciales et judiciaires du scandale des moteurs truqués, Volkswagen a fait état d’une perte nette de 1,6 milliard d’euros pour l’exercice 2015. Aussi le groupe automobile s’attend à un repli de son chiffre d’affaires pouvant atteindre 5 % en 2016, pénalisé par les difficultés des marchés russe et brésilien, mais aussi par le scandale du diesel. En 2015, ses recettes ont progressé de plus de 5 %, à 213 milliards d’euros environ, malgré une baisse des livraisons de 2 %, selon un communiqué.

« La mauvaise année 2015 va aussi laisser dans les années à venir des traces sur la rémunération des dirigeants », a souligné M. Weil.