«Irrégularités» pour 16 marques automobiles selon une enquête allemande

Une enquête sur les émissions polluantes des modèles diesel en Allemagne a mis au jour des irrégularités concernant 16 marques automobiles, dont cinq allemandes, le français Renault et les japonais Suzuki et Nissan, a indiqué vendredi le ministre des Transports.

Le ministre Alexander Dobrindt a cité Alfa Romeo, Chevrolet, Dacia, Fiat, Hyundai, Jaguar, Jeep, Landrover, Nissan et Suzuki, en sus des allemands Opel, Volkswagen, Porsche, Audi et Mercedes et du français Renault, qu’une source gouvernementale avait déjà évoqués précédemment. Les constructeurs allemands vont rappeler en Europe 630 000 voitures, a-t-il confirmé. Il présentait les résultats d’une enquête lancée l’an dernier après les révélations sur une tricherie au diesel de Volkswagen.

Sur les véhicules incriminés, le système de filtration des émissions polluantes est systématiquement désactivé quand la température extérieure descend sous un certain seuil. Or, en vertu des normes européennes en vigueur, cette procédure n'est autorisée que si elle permet d'éviter un accident ou un dommage causé au moteur.

Le gouvernement allemand exige donc des constructeurs qu'ils revoient ce mécanisme, et pour cela ils devront rappeler les véhicules concernés, selon la source interrogée.

Réplique du séisme

Le problème est différent de la tricherie avouée en septembre dernier par le Volkswagen, qui a équipé le moteur d'environ 11 millions de véhicules diesel d'un logiciel truqueur pour faire passer, au moment des tests de contrôle, les voitures pour moins polluantes qu'elles ne sont en réalité. Mais ce nouveau coup dur pour l'industrie automobile est une des multiples répliques du séisme causé par ce scandale planétaire.

De son côté, Volkswagen se débat toujours avec les suites de l'affaire. Jeudi, après des mois de discussions, il s'est entendu avec les autorités américaines sur un mécanisme d'indemnisation des propriétaires aux États-Unis, vendredi son conseil de surveillance se réunissait pour discuter, entre autres, du montant des provisions à passer dans les comptes de 2015, qui devrait selon la presse dépasser 16 milliards d'euros.

L'affaire n'est depuis longtemps plus circonscrite au géant allemand et à ses douze marques, et cette semaine notamment a vu, chez ses concurrents, plusieurs rebondissements liés de près ou de loin au scandale.

Daimler, fabricant des Mercedes-Benz, a ouvert une enquête interne, à la demande des autorités américaines, sur la manière dont sont certifiées les émissions polluantes de ses voitures aux États-Unis. Des automobilistes l'accusent de contourner sciemment les normes de pollution.

En France, PSA (Peugeot-Citroën) a fait l'objet jeudi de perquisitions par les services français de la répression des fraudes, qui enquêtent sur des "anomalies" sur les niveaux d'émissions. Renault avait déjà été dans le viseur des autorités il y a quelques mois.

«Tous émettent plus»

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé cette semaine n'avoir pas mis au jour d'autres tricheries semblables à celles de Volkswagen. Mais dans nombre de cas, les émissions d'oxyde d'azote (NOx), le gaz polluant en cause dans l'affaire Volkswagen, «sont plus élevées en conditions réelles et sur les routes tests qu'en laboratoire», précise Londres.

«On se rend compte que tous les véhicules émettent plus en conditions réelles que pendant les homologations», a déclaré à l'AFP Pierre Chasseray, délégué général de l'association «40 millions d'automobilistes», et membre de la commission chargée d'enquêter en France.

Ces divergences, un secret de polichinelle pour beaucoup d'experts et un motif de courroux de longue date pour certaines ONG, sont un sujet récurrent depuis l'affaire Volkswagen. Mais tous les constructeurs ont assuré mordicus jusqu'ici qu'ils se pliaient à la loi.

Cela a changé il y a quelques jours avec l'aveu par le Japonais Mitsubishi d'un embellissement intentionnel des performances énergétiques de plusieurs modèles de véhicules vendus au Japon. L'action Mitsubishi a perdu en réaction plus de 40% en trois jours.

Les titres des constructeurs européens étaient attaqués vendredi à la Bourse de Francfort, surtout l’action Daimler (-6,45 % à 12h16 GMT).


 
1 commentaire
  • Raymond Chalifoux - Inscrit 22 avril 2016 09 h 34

    L'antipollution ne semble pas...

    ... être le seul problème, chez Renault, si l'on se fie à la photo: Pas fort, la qualité du fini du vernis sur cette carosserie!

    Rarement vu look "pelure d'orange" aussi marqué que ce que révèle cette photo!