Société Générale, Deutsche Bank et Credit Suisse interpellées

New York — Le régulateur des services financiers de New York (NYDFS) a adressé une injonction aux banques Société Générale, Credit Suisse, Deutsche Bank et à dix autres citées dans le scandale des Panama Papers, a indiqué jeudi à l’AFP une source proche du dossier.

Le NYDFS, qui avait infligé en 2014 une amende record de près de 9 milliards de dollars à BNP Paribas pour violations d’embargos américains, a ordonné à ces établissements financiers de lui fournir tout document et toute communication avec le cabinet Mossack Fonseca, au centre de l’affaire, a ajouté cette source sous couvert de l’anonymat.

Les treize banques doivent également porter à sa connaissance toute transaction effectuée avec le cabinet, a poursuivi la source confirmant des informations de l’agence Bloomberg News.

Le NYDFS, dirigé depuis janvier par Maria Vullo après le départ en juin de Benjamin Lawsky, a donné jusqu’au 29 avril à ces banques pour répondre à sa demande.

Dans la lettre adressée à chacun des établissements, le régulateur ne leur reproche pour l’instant aucune malversation, selon la source.

Les discussions sont encore à un stade préliminaire mais pourraient déboucher sur l’ouverture d’une enquête si Mme Vullo et ses services venaient à conclure que certaines transactions étaient litigieuses.

Sans commentaires

Contacté par l’AFP, le NYDFS s’est refusé à tout commentaire ainsi que Société Générale, Deutsche Bank et Credit Suisse. Commerzbank, deuxième banque allemande également visée, n’a pas donné suite dans l’immédiat.

Outre ces quatre grandes banques européennes la liste comprend de nombreuses banques scandinaves telles Svenska Handelsbanken, Nordea Bank Finland et Skandinaviska Enskilda Banken (SEB).

La banque néerlandaise ABN Amro et l’israélienne Bank Leumi ainsi que Deutsche Bank Trust ont également reçu une injonction du NYDFS.

Cette requête du NYDFS coïncide avec l’ouverture par le procureur fédéral de New York, Preet Bharara, un des plus redoutés par Wall Street, une enquête pénale.

La publication des Panama Papers a provoqué une onde de choc mondiale, conduit à l’ouverture de nombreuses enquêtes sur le globe et poussé à la démission le premier ministre islandais et un ministre espagnol.

Réagissant au scandale, qui a pour l’heure éclaboussé peu d’Américains connus, le président des États-Unis Barack Obama avait estimé début avril que l’évasion fiscale, qu’elle soit légale ou illégale, était un « problème mondial ».

1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Inscrite 21 avril 2016 15 h 06

    Pour ceux que ça intéresse...

    Hier soir, donc mercredi soir, sur TV5, il y avait l'émission "Cash investigation" qui portait sur le sujet ci-haut mentionné...Pendant plus de deux heures, une équipe
    a fait des recherches partout dans le monde mais surtout au Luxembourg, au Panama et en France...afin de nous mieux informer sur ce sujet brûlant d'actualité mais surtout brûlant pour les Banques et leurs "clients"... sans foi ni loi.

    Par contre, je ne sais pas si l'émission sera en reprise.