Le taux de chômage reste inchangé, à 7,4 %

Le marché du travail connaît un lent départ en ce début de 2004. Après une série de quatre mois consécutifs de reprise en accéléré, la création d'emplois n'était tout simplement pas au rendez-vous en janvier. Le secteur manufacturier ne se remet toujours pas du bond de 20 % en un an du dollar canadien face à sa contrepartie américaine.

Selon les données de Statistique Canada, l'emploi a peu varié au Canada en janvier. Il s'est créé un peu moins de 15 000 emplois, un gain de 46 900 emplois à temps plein parvenant tout juste à compenser un recul de 31 900 emplois dans le segment à temps partiel. Le taux de chômage est demeuré inchangé, à 7,4 %. L'agence fédérale rappelle que, depuis août dernier, soit depuis que le rythme de création d'emplois s'est accéléré, le nombre d'emplois à temps plein s'est accru de 208 000 (+1,6 %), comparativement à 12 000 (+0,4 %) seulement pour l'emploi à temps partiel.

Par secteur d'activités, c'est celui des services (soins de santé et assistance sociale en évidence) qui est demeuré en tête de liste le mois dernier. En fait, depuis janvier 2003, «c'est véritablement le secteur des services qui remporte la palme au Canada», avec une croissance de 2,4 % contre 0,4 % pour le secteur des biens, a mis en exergue Joëlle Noreau, économiste au Mouvement Desjardins.

Cette comparaison est représentative d'un contraste qui persiste depuis novembre 2002 et qui n'est pas étranger à cette flambée du dollar canadien face au billet vert. Ainsi en janvier, «l'emploi dans le secteur de la fabrication a peu varié pour un deuxième mois d'affilée, de sorte que les pertes depuis novembre 2002 se sont établies à 71 000 emplois (-3 %)», a souligné Statistique Canada.

Au Québec

Un secteur manufacturier paralysé n'est pas sans influencer la performance québécoise. Ainsi, le Québec comptait 1500 emplois en moins le mois dernier, la hausse de 26 000 emplois à temps plein ayant été, en définitive, effacée par une baisse équivalente du travail à temps partiel. Mais une diminution de l'activité sur le marché du travail, avec près de 15 000 chômeurs se disant ne plus être à la recherche active d'un emploi, a permis au taux de chômage de s'établir à 9,1 %, contre 9,4 % en décembre. Et Statistique Canada d'ajouter: «Depuis janvier 2003, le nombre d'emplois dans la province n'a augmenté que de 38 000 (+1 %).»

À titre de comparaison, l'Ontario a inscrit une deuxième hausse mensuelle consécutive, avec 18 000 emplois créés le mois dernier. Le taux de chômage ontarien est passé de 6,7 à 6,6 % entre décembre et janvier. «Depuis août dernier, lorsque la croissance de l'emploi a repris de la vigueur, le nombre d'emplois s'est accru de 86 000 (+1,4 %)», a noté Statistique Canada.

Revenant à la donnée québécoise, Joëlle Noreau a souligné que «les résultats de décembre, avec 27 500 emplois perdus, conjugués aux annonces multiples de fermeture, ont pu décourager les prospecteurs d'emplois». L'économiste insiste: «Le Québec est soumis aux mêmes diktats économiques et financiers que le Canada, soit un dollar fort et une concurrence très vive dans le secteur manufacturier. Par contre, il bénéficie de taux d'intérêt avantageux qui favorisent le marché de l'habitation et la consommation, qui continueront tous deux de filer à bonne vitesse en 2004.»

Pour 2004, on prévoit chez Desjardins une reprise dans la création d'emplois au Québec, avec un gain net de 77 000 contre 57 200 en 2003, et un taux de croissance de 2,1 % contre 1,6 % l'an dernier. Le taux de chômage devrait être ramené à 8,8 %. À l'échelle canadienne, les économistes du mouvement coopératif retiennent une création de 372 000 emplois cette année, contre 334 200 l'an dernier, soit une progression de 2,4 % (contre 2,2 % en 2003) qui ramènerait le taux de chômage de 2004 à 7,1 %.