Marchés boursiers - Le Nasdaq subit un exode

New York — La Bourse électronique Nasdaq, antre de la haute technologie, a continué à souffrir cette semaine d'un début d'exode vers les valeurs jugées plus sûres de Wall Street, mais les analystes restent optimistes sur les perspectives boursières même si les gains devraient ralentir.

Le Dow Jones a gagné 1 % sur la semaine, pour clôturer à 10 593,03 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq a cédé 0,1 %, à 2064,01 points. L'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a progressé de 1 %, à 1142,76 points.

À Toronto, le principal indice a enregistré hier un solide gain de 1 % grâce à la vigueur des titres aurifères, tandis que les investisseurs ont fait fi des signes de ralentissement économique dans les données sur le marché de l'emploi. L'indice composé S&P/TSX a bondi de plus de 100 points en fin d'après-midi avant de retraiter légèrement pour clôturer en hausse de 90,20 points, soit 1,1 %, à 8638,61 points. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice a pris 1,4 %.

«Il se passe ce qui se passe généralement dans la deuxième année d'un marché haussier, c'est que les investisseurs réalisent que les retours vont être plus bas avec les taux d'intérêt qui remontent et le rythme de croissance des bénéfices qui ralentit», a observé Hugh Johnson, stratège boursier de la banque d'investissements First Albany. «Tout ceci a commencé quand la Fed a changé son commentaire, quand elle est revenue sur sa promesse» de garder les taux bas pendant une «période considérable», a-t-il ajouté.

Fin janvier, la banque centrale américaine avait en effet décidé d'abandonner cette expression, en déclarant «pouvoir se montrer patiente avant d'abandonner sa politique accommodante».

Calmer les inquiétudes

Mais les chiffres d'hier sur la situation de l'emploi en janvier ont calmé les inquiétudes sur un rapprochement du moment où la Fed se décidera à relever son taux d'intérêt directeur, actuellement à 1 %, son plus bas depuis 1958. Ces chiffres (112 000 créations d'emplois au lieu des 165 000 attendues en moyenne par les analystes) ont été suffisamment bas pour que la Fed «n'ait pas à relever ses taux aussi vite ou aussi tôt que certaines personnes ne l'anticipaient», a estimé Tom Schrader, principal courtier de Legg Mason.

Les investisseurs ne s'y sont pas trompés et le Nasdaq a réussi hier sa meilleure performance journalière depuis deux mois, après être tombé mercredi à son plus bas depuis le 2 janvier.

Le témoignage semi-annuel du président de la Fed, Alan Greenspan, la semaine prochaine au Congrès sera «un facteur pivot» pour le marché, a prévu Larry Wachtel, analyste de Prudential Securities. «Il [M. Greenspan] va nous dire ce à quoi la Fed s'attend pour l'économie, ce qui nous donnera une assez bonne idée de la direction de la politique monétaire», a indiqué Hugh Johnson, stratège de First Albany.

Art Hogan, stratège de la maison de courtage Jefferies, a également noté que «nous aurons les réactions du G7 la semaine prochaine». Les ministres des Finances du G7 ont entamé hier une réunion jusqu'à aujourd'hui à Boca Raton, placée sous le signe du dollar faible et rendue délicate par la divergence des points de vue.

Mais rien ne semble pouvoir faire dérailler pour le moment la Bourse américaine qui devrait rester «positive, mais sans être excitante, dans les semaines à venir», selon Hugh Johnson.