Le huard atteint un sommet pour 2016

Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne

Toronto — Le dollar canadien a grimpé lundi à son plus haut niveau depuis le début de l’année, pendant que le cours du pétrole brut a terminé au-dessus de la barre des 40 $US pour la première fois en trois semaines.

Le prix du baril de pétrole brut a pris 64 ¢US pour terminer la journée à 40,36 $US, avant la tenue, ce week-end, d’une rencontre des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Les membres du cartel se rencontreront le 17 avril au Qatar, espérant conclure une entente au sujet d’un éventuel gel de la production pétrolière, ce qui pourrait soutenir les prix de l’or noir. Ceux-ci étaient de plus de 100 $US au début de l’été 2014.

Le dollar canadien, sensible aux variations du prix du pétrole, a ainsi avancé pour une deuxième séance de suite. Le huard a clôturé à 77,53 ¢US, en hausse de 62 centièmes.

Entre-temps, l’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a avancé de 26,03 points à 13 422,76 points, après s’être emparé vendredi de 130 points. Ailleurs, à la Bourse des matières premières de New York, le prix du lingot d’or a grimpé de 14,20 $US à 1258 $US l’once, tandis que celui du cuivre est resté inchangé à 2,09 $US la livre.

Wall Street recule

À New York, Wall Street a fini en baisse lundi, avant une série de résultats d’entreprises en début de soirée : le Dow Jones a cédé 0,1 % et le Nasdaq 0,4 %. Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones a reculé de 20,55 points à 17 556,41 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 17,29 points à 4833,40 points. Le S&P 500, un indice élargi que de nombreux investisseurs jugent le plus représentatif, a cédé 5,61 points, soit 0,3 %, à 2041,99 points.

« Aujourd’hui, nous étions dans l’attente avant que commence la saison des résultats », a commenté Bill Lynch, chez Hinsdale Associates. La saison des résultats d’entreprises a débuté en soirée avec le producteur d’aluminium et de matériaux composites Alcoa et se poursuivra à partir de mercredi avec ceux des banques.

« On ne s’attend pas à ce qu’ils soient particulièrement bons. Les analystes ont révisé leurs attentes à la baisse en janvier et février, Il y a donc de bonnes chances qu’ils soient supérieurs aux estimations, mais cela ne voudra pas dire grand-chose », a prédit M. Lynch. « Comme les attentes sont très basses pour les bénéfices, il y a un potentiel de bonnes surprises », a estimé de son côté Art Hogan, chez Wunderlich Securities. Moins confiant, Patrick O’Hare, chez Briefing, a noté que sept secteurs économiques sur dix devraient afficher des bénéfices en recul sur un an pour le début d’année. Selon lui, « cette mauvaise nouvelle n’est pas encore prise en compte dans les valorisations » du marché, qui pourrait du coup mal réagir.

Le marché obligataire a légèrement baissé. Le rendement des bons du Trésor à dix ans s’affichait à 1,720 % contre 1,717 % vendredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,557 %, contre 2,550 % précédemment.

Obama parle avec Janet Yellen

Lundi, Barack Obama a reçu la présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, pour évoquer avec elle les perspectives de croissance, dans un climat mondial morose, ainsi que les progrès enregistrés dans la mise en place de la réforme de Wall Street. Le président des États-Unis a rencontré Mme Yellen dans le Bureau ovale dans le cadre d’un « dialogue continu sur l’état de l’économie », a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué à l’issue de la rencontre. Ils ont en particulier évoqué « les perspectives de croissance à moyen et long terme, le marché du travail, les inégalités, et les risques potentiels pesant sur l’économie à la fois aux États-Unis et dans le monde », a ajouté l’exécutif américain.

Ils ont également abordé « les progrès significatifs » enregistrés dans la mise en place de la réforme de Wall Street visant à « renforcer le système financier et à protéger les consommateurs ».

Pour 2016, la Fed table sur une croissance de 2,2 %, montrant la résilience de l’économie américaine dans un environnement international plutôt déprimé. Les membres du Comité de politique monétaire de la Fed ont souligné quasi unanimement la semaine dernière le risque lié au ralentissement de la croissance économique mondiale, plombée notamment par le coup de mou qui frappe la Chine et plusieurs grands autres pays émergents.

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