Jetsgo ajoute 18 appareils à sa flotte

«Nous conserverons un coût siège-mille des plus bas, le meilleur de l’industrie au Canada», a assuré Michel Leblanc.
Photo: Agence Reuters «Nous conserverons un coût siège-mille des plus bas, le meilleur de l’industrie au Canada», a assuré Michel Leblanc.

Jetsgo caresse un ambitieux plan d'expansion, avec un doublement de ses effectifs et une flotte devant passer de 14 à 32 appareils d'ici la fin de 2005. On parle ici d'une capacité additionnelle de 85 % qui sera déployée sur le marché traditionnel de Jetsgo, quoique le transporteur à rabais n'écarte pas une percée dans le segment voyages-vacances.

Le président et fondateur de Jetsgo, Michel Leblanc, a annoncé hier une entente avec American Airlines prévoyant l'achat de 18 appareils, des Fokker 100, composant présentement une partie de la flotte du géant américain. Ces appareils de 105 sièges viendront s'ajouter aux 14 MD-83 à 160 sièges pour gonfler la flotte de Jetsgo à 32 appareils. Le transporteur à bas prix prévoit prendre immédiatement livraison de sept appareils, dont trois seront en service le 24 juin. «Les autres seront ajoutés à intervalles de cinq semaines selon l'échéancier de Jetsgo», a ajouté M. Leblanc.

Puisque l'exploitation de chacun repose sur un équipage de cinq personnes, le transporteur prévoit qu'il aura créé 650 nouveaux emplois une fois que tous les appareils seront en service, dans 18 mois. Les effectifs de Jetsgo auront alors doublé, pour passer à quelque 1300 employés.

Les appareils achetés ont été construits entre 1991 et 1993. Malgré leur âge, ils sont conformes aux normes en matière de bruit. Et malgré l'ajout d'une nouvelle catégorie d'aéronefs à la flotte, Jetsgo estime que les avantages inhérents à l'exploitation d'appareils de type régional, dont la consommation plus faible en carburant, feront plus que compenser les désavantages associés à une flotte moins homogène, notamment en matière d'entretien et de formation. «Nous conserverons un coût siège-mille des plus bas, le meilleur de l'industrie au Canada», a assuré Michel Leblanc.

Jetsgo n'a pas précisé les détails financiers de l'entente avec American Airlines. Tout au plus a-t-il souligné que les fonds pour les sept premiers appareils seront pris à même son encaisse. Pour la suite, «nous avons encore tout le temps d'y penser», répond Michel Leblanc. Pour les professionnels de l'industrie, il est écrit dans le ciel que Michel Leblanc tentera, cette année, l'aventure boursière avec son transporteur, créé en 2002. «Je gère Jetsgo de manière à ce qu'une émission publique d'actions soit une option, et non une obligation», a-t-il répliqué.

Pour l'heure, la capacité additionnelle viendra renforcer la vocation de Jetsgo, qui consiste à faire contrepoids à Westjet et à ZIP (filiale à bas prix d'Air Canada) en offrant des vols à rabais à une clientèle de l'Est canadien. «Nous ajouterons de nouvelles routes et de nouvelles fréquences sur nos routes actuelles», a enchaîné celui qui fut tour à tour repreneur de Quebecair puis fondateur d'Intair et de Royal Aviation. Jetsgo s'active présentement sur 11 destinations canadiennes et sur six destinations américaines, réparties entre New York, Las Vegas et la Floride.

Et à l'instar de cette entente unissant Westjet à Transat A.T., Jetsgo redirige son trop-plein de capacité, né des temps morts apparaissant surtout les fins de semaine, vers Cuba, la Caraïbe et le Mexique, ses appareils étant mis au service des grossistes Tours Mont-Royal et SunWing, à Toronto. On parle ici d'un sous-produit pouvant représenter jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires de Jetsgo.

SCT Club International

Mais de là à voir dans ce service d'appoint l'émergence d'un retour de Michel Leblanc dans les vols nolisés, dans le segment voyages-vacances... Le nom de Jetsgo est apparu comme devant être la composante aérienne d'une nouvelle force de l'industrie touristique qui tente de voir le jour. Il a été mentionné, en décembre dernier, qu'un nouveau groupe, SCT Club International, voulait faire son apparition. Un groupe intégré verticalement, comprenant grossiste, agences de voyages, gestion hôtelière et partenariat avec un transporteur. SCT travaillait alors à compléter une prise de contrôle inversée sur Exploration Raudin à la Bourse de croissance TSX, une opération préalable à une émission projetée de 30 millions. L'entreprise présidée par Stéphane Desmarteau promettait un déroulement rapide avec l'annonce, en janvier, d'un conseil d'administration composé de têtes d'affiche. Un conseil d'administration appelé à surprendre. M. Desmarteau n'a pas donné suite aux appels du Devoir depuis.

Mais pour Michel Leblanc, «nous serons prêts à leur parler, dit-il, dès que SCT aura son financement. Disons que, pour l'instant, ce n'est pas un dossier actif chez nous».