TUI pourrait acquérir Transat France

Le voyagiste allemand TUI serait le repreneur pressenti de Transat France, mis en vente en janvier dernier. La presse européenne évoquait toutefois mardi d’éventuelles inquiétudes concurrentielles découlant d’un tel mariage entre les numéros un et trois des voyagistes en France.

Les médias français soulignaient mardi que l’allemand TUI, plus gros voyagiste intégré au monde, apparaissait comme étant le mieux positionné pour procéder à l’acquisition de Transat France. Transat A.T. avait annoncé en janvier vouloir se départir de son voyagiste en France et de son réceptif en Grèce afin de se concentrer sur l’Amérique, dans les secteurs hôtelier et de la distribution de forfaits. Les analystes estimaient alors le prix de vente autour de 100 millions.

Le quotidien Le Figaro plaçait TUI face à d’autres acheteurs potentiels, tels le lyonnais Marietton, le voyagiste italien Alpitour et le fonds LBO France. Le magazine spécialisé Tour-MaG.com a ajouté que Marietton, premier à manifester son intérêt, se serait retiré récemment, mais avance que l’allemand Der Touristik serait sur les rangs. Mais tous deux accordaient l’avantage à TUI.

« Avec dans son escarcelle Transat France, TUI prendrait une nouvelle ampleur dans l’Hexagone. Tout d’abord du côté production avec l’offre circuit, séjour et autotour de Vacances Transat. De l’autre avec les Clubs. Déjà très présent dans ce segment avec Marmara, le groupe allemand pourrait doubler son offre en France et quadriller toujours plus l’offre en Méditerranée. Autre perspective : l’opportunité de s’ouvrir au long courrier avec la présence de Look Voyages au Panama, Haïti, île Maurice, Martinique, Mexique ou encore République dominicaine, Cuba et Thaïlande », énumère TourMaG.com. Cette dernière perspective est d’autant plus intéressante que TUI France demeure propriétaire de sa composante aérienne Corsair, très présente dans la desserte des Caraïbes. S’ajoute à la liste une cinquantaine d’agences.

Pour sa part, Le Figaro rappelle que la France est « un marché difficile, très fragmenté » mais engagé dans un processus de consolidation avec TUI bien ancré dans un rôle de consolidateur. « Malgré une position de leader du marché, TUI est à la peine depuis des années en France, où il a déjà dépensé beaucoup d’argent en rachetant Nouvelles Frontières et Marmara. En 2014, TUI France a perdu 46 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 1,1 milliard. En 2015 […] ses résultats sont restés dans le rouge. Fritz Joussen [patron de TUI] espère qu’elle devienne profitable dès l’année prochaine. “ Vous ne pouvez pas être leader mondial du tourisme et ne pas être présent en France ”, avait-il insisté en janvier », peut-on lire dans le quotidien français.

Le chiffre d’affaires de Transat France s’est chiffré à 460 millions euros en 2015, venant de 370 000 clients français, avec un résultat « proche de l’équilibre », dit-on. En dévoilant ses résultats de l’exercice financier clos le 31 octobre 2015, Transat A.T. avait précisé que ses activités en France et en Grèce avaient dégagé une perte de 4,6 millions sur des revenus d’environ 650 millions alimentés par quelque 450 000 voyageurs.

Les médias européens rappelaient qu’avec 10 % du marché, Transat France se classait en troisième position en France, derrière TUI et Club Med. « Il reste à savoir, une fois les additions faites, si une alliance de ce type ne propulserait pas trop loin TUI en matière de prépondérance et d’équilibre sur le marché. Et ce, d’autant plus que l’autorité de la concurrence est devenue chatouilleuse sur ces questions-là », se demande TourMaG.com.

Au Canada, TUI est actionnaire à 49 % de Groupe de voyage Sunwing.