Wall Street termine en légère baisse une séance prudente

New York — Wall Street a légèrement baissé lundi, tirée vers le bas par une forte baisse des cours pétroliers, à l’issue d’une séance dans l’ensemble peu animée face à une faible actualité économique américaine : le Dow Jones a perdu 0,3 % et le Nasdaq 0,6 %.

Selon des résultats définitifs, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average a cédé 55,75 points à 17 737,00 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 22,75 points à 4891,80 points. Très suivi par les investisseurs, le S&P 500, un indice élargi, a reculé de 6,65 points, soit 0,3 %, à 2066,13 points.

« La Bourse a un peu baissé en suivant les cours du pétrole », a mis en avant Peter Cardillo, économiste en chef chez First Standard Financial. Les cours du pétrole ont encore baissé d’environ un dollar le baril, malgré des tentatives de stabilisation, dans un marché découragé par le manque de motivation manifesté par l’Arabie saoudite, l’Iran et la Russie pour stabiliser une offre surabondante.

Pour le reste, Wall Street reste plutôt bien disposée, après une semaine de nette hausse, et sa baisse « n’a rien de grave », a jugé M. Cardillo, remarquant en outre un peu de nervosité à l’approche de la saison des résultats d’entreprises du premier trimestre. Ce déclin, néanmoins, « montre que la Bourse est à un niveau élevé, auquel elle devient assez fragile », a-t-il prévenu.

Les investisseurs américains, qui ont récemment été stimulés par la prudence manifestée par la Réserve fédérale, n’ont par ailleurs guère trouvé d’éléments susceptibles de relancer leur enthousiasme, puisque le calendrier économique de lundi était assez vide aux États-Unis. Le marché obligataire avançait très légèrement. Le rendement des bons du Trésor à dix ans baissait à 1,765 % contre 1,776 % lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,598 %, contre 2,600 % précédemment.

Énergie

À Toronto les actions liées aux métaux, à l’or et à l’énergie ont eu la plus grande influence sur l’indice composé S&P/TSX, qui a retraité de 104,29 points à 13 336,15 points. Les actions de grandes sociétés minières ont encaissé des pertes appréciables. Le dollar canadien a aussi perdu des plumes pour une troisième séance de suite, se dépréciant de 34 centièmes à 76,50 ¢ US.

Le cours du pétrole brut, qui est brièvement repassé au-dessus de la barre des 40 $US à la mi-mars, a cédé lundi 1,09 $US à 35,70 $US à la Bourse des matières premières de New York. Le recul du prix du pétrole était attribuable aux nouvelles voulant que l’Arabie saoudite n’accepte de geler sa production pétrolière que si l’Iran et d’autres producteurs acceptaient de faire de même.

Selon Kash Pashootan, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez First Avenue Advisory, de Raymond James, n’importe quel commentaire d’un membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) va faire bouger le prix du brut sur les marchés sur une base quotidienne. « Il y a beaucoup de sang et de carnage dans le secteur de l’énergie, beaucoup de souffrances dans cet espace, a-t-il observé. Tant et aussi longtemps que persistera la surabondance de l’offre, nous continuerons à voir de la douleur. »

M. Pashootan croit que les investisseurs devraient s’attendre à ce que la turbulence se poursuive pour les prix du pétrole. « Nous avons eu une reprise considérable et une accalmie sur les marchés du pétrole, ce qui a entraîné un soulagement du même genre pour les marchés de valeurs, mais nous ne sommes pas sortis du bois », a-t-il poursuivi.

Ailleurs, le secteur des métaux et minerais diversifiés a affiché le déclin le plus prononcé, soit 4,6 %, tandis que le secteur aurifère a cédé 2,1 %. Le groupe torontois de l’énergie a glissé de 1,7 %.