Trudeau met en garde Trump et Sanders contre la tentation de rouvrir l’entente de libre-échange

Le premier ministre Justin Trudeau a participé à une période de questions-réponses devant les membres de la Chambre de commerce des États-Unis, à Washington.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau a participé à une période de questions-réponses devant les membres de la Chambre de commerce des États-Unis, à Washington.

En visite à Washington jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a servi une mise en garde aux aspirants présidents américains : les accords de libre-échange ne se renégocient pas facilement. Et le « bon vieux temps » auquel la fin du libre-échange nous ramènerait n’était pas si bon qu’il n’y paraît.

Le sujet est dans l’air du temps : Donald Trump, candidat à l’investiture républicaine, a parlé de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) comme d’un « désastre » qu’il voudra renégocier s’il accède à la présidence. Lui faisant écho, Bernie Sanders, aspirant à l’investiture démocrate, a qualifié l’ALENA de « désastreux » et s’est engagé à le réécrire s’il est élu.

Invité par la U.S. Chamber of Commerce, à laquelle il s’adressait pour réagir à ces prises de position, M. Trudeau a pris soin de ne pas personnaliser le débat. Mais son avertissement était limpide.

« Je pense qu’on doit toujours être informé et prêt à discuter de l’ALENA ou de tout autre accord de libre-échange, a dit M. Trudeau, mais l’ALENA a fonctionné extrêmement bien pour nos économies et, comme nous le savons tous, dès qu’on rouvre un accord pour une petite chose, tout le reste est rapidement remis sur la table. Nous savons tous comment c’est important de regarder vers l’avant plutôt que de retourner dans le temps, à une bonne vieille époque qui n’était jamais aussi bonne que ce qu’on pense qu’elle était. »

M. Trudeau a insisté sur le fait que « les chiffres sont clairs : le commerce est bon ». Il fait croître l’économie et crée des emplois, a-t-il insisté. Il a cependant fait allusion aux élections canadiennes de 1988 pour dire que ce n’est pas qu’aux États-Unis que le commerce divise.

« Nous nous sommes toujours appuyés sur le commerce comme moteur de notre économie et de notre création d’emplois. Mais cela ne nous a pas empêchés de traverser des cycles électoraux difficiles au cours des dernières décennies, en lien avec le commerce. C’est naturel en politique, où les gens sont prompts à montrer du doigt ce qui se passe à l’étranger comme la source des problèmes de l’économie. »