Les sociétés financières technologiques sont risquées, dit le patron de la TD

Le chef de la direction de la Banque TD a renouvelé jeudi ses appels en faveur de nouvelles règles pour encadrer le secteur des technologies financières, faisant valoir que les brèches de sécurité et les problèmes de solvabilité d’un certain nombre de jeunes entreprises représentaient un risque pour les consommateurs.

Bharat Masrani avait déjà demandé aux autorités réglementaires de regarder de plus près les jeunes entreprises du secteur des technologies financières l’an dernier, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de la banque.

Il a relancé la question un an plus tard, lors de la nouvelle assemblée des actionnaires, qui se tenait jeudi à Montréal, en ajoutant que le besoin de réglementation était encore plus flagrant maintenant en raison des problèmes qui ont miné un certain nombre de ces entreprises dans la dernière année.

Même si la concurrence est une bonne chose, a-t-il indiqué, les nouveaux joueurs sur le marché des services financiers qui se concentrent sur les nouvelles technologies ne sont pas soumis aux mêmes règles que les banques traditionnelles.

Ces règles moins onéreuses pourraient compromettre l’intégrité du système financier ou représenter un risque pour les consommateurs, qui pourraient se faire voler leurs informations privées, a noté M. Masrani. « Les consommateurs doivent avoir les mêmes assurances, indépendamment des gens avec qui ils font affaires », a-t-il ajouté.

Cependant, M. Masrani n’a pas voulu comenter davantage les brèches de sécurité ou les problèmes de solvabilité évoqués, se contentant de dire qu’il existait « plusieurs exemples » de tels problèmes affectant les jeunes entreprises.

Christian Lassonde, d’Impression Ventures, une firme spécialisée dans les investissements dans le secteur des technologies financières, a émis certains doutes sur les propos de M. Masrani.

« Ici, chez Impression Ventures, nous suivons des centaines de sociétés canadiennes du secteur des technologies financières ou d’autres sociétés qui y sont reliées », a indiqué M. Lassonde dans un courriel.

« Je suis ravi de dire que nous ne sommes actuellement pas au courant d’un seul cas de brèche de sécurité ou d’insolvabilité. Même si, effectivement, il y a aura toujours des exemples isolés de l’un ou l’autre de ces cas, les évoquer comme s’il s’agissait d’une épidémie est une mauvaise représentation de ce qui se passe. »

M. Masrani n’a pas non plus voulu préciser quelles autorités réglementaires il aimerait voir prendre de l’initiative dans ce dossier.

« Cela dépendrait du genre de joueur que vous êtes et du segment des services financiers dans lequel vous vous trouvez », a-t-il indiqué aux journalistes après l’assemblée annuelle.

Le patron de la TD a noté que les sociétés de technologies financières touchaient à divers secteurs de l’industrie, des investissements aux prêts, en passant par le traitement de dépôts.

« Lorsque vous avez des fournisseurs qui ressemblent davantage aux banques, alors je crois qu’il est important qu’ils suivent les règles et les normes des banques, ce qui permettrait de s’assurer que leurs consommateurs, ou tous les consommateurs, soient protégés des problèmes comme la solvabilité », a précisé M. Masrani.

Il a aussi souligné que la TD avait conclu des partenariats avec de jeunes entreprises de technologies financières et qu’elle considérerait acquérir de telles sociétés si une bonne occasion se présentait.