Vers une croissance de 1,4 % en 2016

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ce dollar plus faible donne du souffle aux entreprises exportatrices, a rappelé Ottawa.

Croissance inférieure, chômage plus présent, dollar plus faible : l’horizon 2016 est nettement plus sombre que ce que les économistes du secteur privé avaient soumis au gouvernement fédéral pour sa mise à jour économique de l’automne 2015. D’une croissance de 2 % du produit intérieur brut réel, qui tient compte de l’inflation, la moyenne de leurs attentes est tombée à 1,4 %.

« L’ampleur du choc auquel fait face l’économie canadienne est considérable. Les prix des produits de base ont entamé leur baisse au milieu de 2014. Les prix du pétrole ont maintenant chuté d’environ 65 % et ne devraient se redresser que lentement au cours des prochaines années », peut-on lire dans les documents budgétaires, qui mentionnent aussi la décélération des économies émergentes en 2015. En 2017, l’économie devrait croître de 2,2 %.

Dans le cadre de sa préparation budgétaire, le ministère des Finances a retranché environ 150 milliards au PIB nominal (qui ne tient pas compte de l’inflation) qu’il entrevoit à la fin 2017 par rapport à ce qui était prévu à l’été 2014. Cet écart équivaut à 7 % du produit intérieur brut.

Cet effondrement a eu des répercussions profondes sur l’investissement dans les provinces productrices de pétrole, une baisse d’activité qui a contaminé de façon importante l’économie des autres provinces. Ainsi, calcule le ministère des Finances, l’impact est de 0,3 % sur le PIB nominal du Québec et de 0,6 % sur celui de l’Ontario. La Colombie-Britannique écope le plus lourdement, avec un impact de 1,8 %.

Quant au dollar, qui évolue en forte corrélation avec les cours du pétrole brut, il faudrait attendre encore trois ans avant qu’il remonte au-delà de 80 ¢US. Cette année, il vivotera autour de 72 ¢US en moyenne avant de remonter à 76 ¢US l’an prochain.

Ce dollar plus faible donne du souffle aux entreprises exportatrices, a rappelé Ottawa. Il existe tout de même un risque que l’économie ne tire pas pleinement profit, ce à quoi s’ajouterait le taux d’endettement des ménages. Aux fins de planification budgétaire, le fédéral a retranché au PIB nominal une somme de 40 milliards par année d’ici 2020.

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