Michael Sabia n'est pas inquiet - Les revenus et les profits de BCE sont en baisse

Le chef de la direction du groupe BCE, Michael Sabia, demeure convaincu que l'entreprise est sur la bonne voie, malgré la chute des profits et le léger recul des revenus pour le quatrième trimestre.

Le groupe BCE a fait part hier d'un bénéfice net de 386 millions, ou 41 ¢ par action, pour le quatrième trimestre qui a pris fin le 31 décembre. Ces profits ne représentent qu'une fraction des 1,7 milliard, ou 1,88 $ par action, qui avaient été engrangés lors de la période correspondante de 2002.

Les résultats du quatrième trimestre 2002 comprenaient toutefois un gain exceptionnel de 1,4 milliard lié à la vente des activités d'annuaires, qui avait été en partie annulé par des dévaluations d'actifs ainsi que des charges pour restructuration.

Les revenus trimestriels sont passés de près de 5,1 milliards au quatrième trimestre 2002 à 4,9 milliards un an plus tard.

Pour l'ensemble de l'exercice, BCE a réalisé en 2003 des revenus de 19,1 milliards, en baisse par rapport aux 19,2 milliards de 2002, ainsi qu'un bénéfice net de 1,74 milliard, comparativement à 2,3 milliards l'année précédente.

M. Sabia estime toutefois que l'analyse comparative des résultats nets de BCE est faussée par les éléments exceptionnels, notamment la vente des activités d'annuaires. Ainsi, en excluant ces éléments, le bénéfice par action de BCE pour l'exercice 2003 s'est établi à 1,90 $, en hausse de 16 % par rapport à celui de 1,64 $ de l'année précédente.

Les bonnes décisions

«Nous pensons que nous prenons les bonnes décisions», a déclaré M. Sabia lors d'une téléconférence. Il estime que BCE progresse dans sa stratégie qui consiste à se retirer de certaines activités et à miser sur de nouveaux produits liés à Internet.

La principale entreprise du groupe BCE, Bell Canada, a connu «une très bonne année» dans le secteur résidentiel, mais sa division d'affaires n'est pas aussi performante, a dit M. Sabia.

La direction de Bell procède à un «émondage sélectif» au sein de sa division d'affaires, a précisé le p.-d.g., en se retirant des services qui offrent une faible marge bénéficiaire, ce qui se traduit pour l'instant par une baisse des revenus. «Nous allons ramener cette division à des proportions raisonnables d'un point de vue affaires et nous allons croître à partir de là», a déclaré M. Sabia.

Le nombre de lignes téléphoniques de Bell Canada pour ses clients résidentiels et d'affaires a diminué de 0,8 % par rapport à l'année précédente. Les revenus tirés des appels interurbains ont chuté de 5,2 %, en raison de la forte concurrence dans ce secteur.

Les revenus de la téléphonie sans fil ont toutefois progressé de 16 %, alors que la filiale Bell Mobilité a porté à 4,9 millions le nombre de ses abonnés, ce qui représente un gain net de quelque 500 000 clients. Le bénéfice d'exploitation de cette filiale a crû de 52 %, s'établissant à 229 millions.

Bell Canada a réalisé au quatrième trimestre des revenus de 4,3 milliards, en baisse par rapport aux 4,5 milliards de la période correspondante de 2002. Le bénéfice d'exploitation a toutefois progressé, grâce à des gains de productivité de 158 millions pour le trimestre et de 600 millions pour l'année.

M. Sabia a précisé qu'il y aurait d'autres mesures de réduction de l'effectif chez Bell Canada cette année. Il n'a pas précisé l'ampleur de celles-ci, indiquant toutefois qu'il s'agirait principalement de départs volontaires.

L'action de BCE à la Bourse de Toronto a clôturé en baisse de 56 ¢, à 29,26 $.