On en reparlera en 2019, dit Leitão

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, concède qu’il y aura « des hauts et des bas » en matière de création d’emplois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Finances, Carlos Leitão, concède qu’il y aura « des hauts et des bas » en matière de création d’emplois.

L’engagement libéral de présider à la création de 250 000 nouveaux emplois en cinq ans, fait en campagne électorale, tient toujours, mais il faut s’attendre à des « hauts et des bas » d’ici 2019, affirme le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Quelques jours après un discours du budget ne faisant aucune mention de ce chiffre, contrairement à celui de 2014 prononcé dans la foulée de l’élection, le ministre Leitão a déclaré qu’à l’heure actuelle, « nous sommes à l’intérieur de la fourchette acceptable ».

« Nous ne sommes même pas encore à mi-chemin [du mandat] », a dit le ministre Leitão lors d’une rencontre avec la presse en marge de la traditionnelle allocution post-budget devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « Nous sommes à 22 ou 23 mois. Et quand on regarde ce qui a été fait sur cette période, on est à 80 700 emplois à temps plein », a-t-il dit.

Cependant, le total toutes catégories confondues se situe à une création nette de 70 600 emplois, car l’économie québécoise a perdu une dizaine de milliers de postes à temps partiel.

« La moyenne rapide, sur cinq ans, c’est de 50 000 emplois. Mais nous savons très bien que ça ne se passera pas en ligne droite. Il y aura des hauts et des bas. On verra une fois rendus en 2019 », a dit le ministre.

L’opposition a une fois de plus rappelé au Parti libéral la semaine dernière qu’il avait promis un quart de million d’emplois en 60 mois, le Parti québécois insistant, au huis clos du budget jeudi, que « le 250 000 emplois est porté disparu ». « C’est 250 pages de mesures économiques, mais l’emploi baisse. Ça ne s’invente pas », a dit le porte-parole péquiste en matière de finances, Nicolas Marceau.

L’économie québécoise devrait croître de 1,5 % cette année et de 1,6 % en 2017, croit le ministère des Finances. L’année 2015 s’est soldée par un gain de 1,1 %, en raison notamment des effets indirects de la chute des cours du pétrole qui a touché certaines provinces.

Selon un sondage récemment mené auprès de 150 membres de l’Association des économistes du Québec (ASDEQ), 31 % de ceux-ci croient que l’économie québécoise va s’améliorer au cours des six prochains mois. En novembre, le pourcentage était de seulement 23 %. Par ailleurs, 53 % des répondants croient que l’économie va se maintenir.

Invités à définir la meilleure façon de mieux répartir la richesse au Québec, 55,6 % des économistes ont répondu « développer les compétences et l’employabilité des » gens alors que seulement 12 % ont dit « stimuler la création d’emplois ».

Cote de crédit

Les agences de notation ont réagi positivement au budget Leitão, se gardant de modifier la cote de crédit pour l’instant. Les derniers relèvements de la cote remontent à 2006. Lorsque la presse lui a demandé si une hausse pourrait avoir lieu lors du présent mandat libéral, M. Leitão a répondu : « C’est une question que je vous invite à poser aux agences. J’aimerais bien que ça soit le cas. Ce que nous sommes en train de mettre en place justifierait éventuellement un tel dénouement de la part des agences. On verra bien. »

Présentement, la cote du Québec est de Aa2 chez Moody’s et A-élevé chez DBRS, les deux s’accompagnant d’une perspective stable. En guise de comparaison, celle de l’Ontario chez Moody’s est identique alors que celle de DBRS est plus élevée d’un cran, soit AA-faible.

L’objectif du gouvernement québécois est de ramener le poids de la dette brute du Québec à 45 % du PIB d’ici 2026. Ce ratio est actuellement de 55 %.

En présentant le ministre, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a donné son appui au budget, mais a affirmé que de nombreuses recommandations du comité Godbout n’ont pas été mises en place. Le rapport, publié il y a un an après des mois de consultations, suggérait par exemple au gouvernement de s’appuyer moins sur l’impôt des particuliers et plus sur les taxes à la consommation.

1 commentaire
  • Francois Cossette - Inscrit 22 mars 2016 13 h 56

    Un ministre jovialiste !!!!!

    On devrait etre tres inquiet que notre ministre des finances soit un jovialiste. Je ne sais pas ou il regarde mais moi, ce que je vois, ce n'est pas une creation d'emploi mais la disparition d'emploi.

    Le pire dans tout cela c'est qu'on nous prevoyait la manne avec un dollar a 70 cents et il ne s'est a peu pres rien passé. Faut souhaiter pour le plq que le dollar reste ou il est parce que sinon ca va etre une vraie hecatombes.